Welcome Guest! To enable all features please Connexion ou Inscription.

Notification

Icon
Error

2 Pages<12
Options
Aller au dernier message Aller au dernier message non-lu
Offline RING3R  
#21 Envoyé le : mardi 13 août 2019 09:38:28(UTC)
RING3R
Rang : Habitué

Inscrit le : 22/10/2014(UTC)
Messages : 94

II.6 - TRAHISONS (par Sorana)

Dès la fin de l’assaut, nous souhaitions nous occuper de nos compagnons disparus. Nurah, Orkamania et Selka manquaient à l’appel, et cela n’avait rien de normal. Que c'était-il passé dans la nuit ? Nous devions tirer ça au clair. Torkemada et moi sommes allés à la tente de Nurah, et n’avons trouvé aucune trace d'elle. Pire, ses affaires avaient disparu, comme si elle avait soigneusement planifié son départ. Cela n'augurait rien de bon, et je sentais que mon instinct ne m'avait pas trompé sur elle. Depuis le départ, je ne lui faisais pas confiance, même si je ne m’en rendais pas tout à fait compte. Une partie de moi la trouvait suspecte, tout comme ses intentions. Je prenais au départ ses mises en garde pour de sages conseils, venant de quelqu’un qui avait plus d’expérience dans cette guerre que nous, mais je comprenais alors qu’elle nous avait manipulés. Elle nous poussait depuis le départ à nous méfier des tactiques "fourbes et insidieuses" des démons, à nous méfier de nos ennemis, alors qu’en réalité, elle instillait le doute en nous. Ce n’était plus de nos ennemis que nous nous méfiions, mais de tout le monde, y compris nos propres compagnons. Selon elle, tout le monde avait quelque chose de suspicieux, Orkamania ou Irabeth pour leur ascendance orque ; Selka ou Torkemada pour leurs crimes passés ; Volgar ou Hécate pour leurs traits étranges ; Qulin et ses tieffelins pour leurs anciennes allégeances ; ou encore Aravashnial pour les secrets qui entouraient son ordre, voire Kaptra pour avoir côtoyé de bien trop près la trahison… Elle prétendait que les démons nous pousseraient les uns contre les autres, et c’est ce qu’elle faisait pendant ce même temps. Comment n’avons-nous pas pu voir ça ? Nous aurions dû faire quelque chose contre elle tant que nous le pouvions encore.
Quant à la tente de Selka, elle était vide aussi, mais ses affaires étaient encore là, tout comme chez l’orc. Mais là, une surprise nous attendait : en lieu et place d'Orkamania, Klavak avait trouvé une autre personne : Kluly, l'ami d'enfance d'Orkamania. De son vrai nom Legato MacDowel.
Devant une telle situation, le pauvre chevalier a été interrogé en long, en large et en travers, face à un Klavak qui ne pouvait pas s'empêcher de critiquer notre indulgence, et d'accuser Legato de tout et n'importe quoi. Nous devions comprendre, et notre seule piste était cet homme, à l’air bien plus jeune que ce que j’avais compris en écoutant Orkamania parler de lui, son aîné. Lui seul pouvait nous éclairer sur la situation, et nous lui avons demandé de nous raconter ce qu’il savait, il commençait par son histoire.

Legato s’était engagé dans les croisades mendevienne en tant que simple soldat, après la troisième croisade. Cela nous ramenait il y a plus de vingt ans ! Il devait être un enfant à cette époque, mais avant de le contredire, nous le laissions continuer son récit. La dernière mission à laquelle il avait participé consistait en une expédition teintée de secrets, ni lui ni aucun de ses camarades ne savait où elle les menait, ni dans quel but. Tout ce qu’il disait savoir, c’est qu’ils étaient partis pour plusieurs mois au cœur de la Plaie du Monde… Cela me rappelait quelque chose, mais là non plus je n’ai pas interrompu le jeune homme. Au bout de longues semaines de campagne, les troupes étaient tombées sur des réfugiés sarkariens : sauf exception, il n’y avait que femmes et enfants, les hommes étant restés se battre – et sans doute mourir – pour couvrir la fuite de la tribu. Ces rescapés étaient menés notamment par deux femmes, ou plutôt une femme et une elfe du nom de Jerribeth et Shala. Dont Legato disait s’être… "rapproché" à en croire ses paroles. Les sarkariens avaient ainsi rejoint l’expédition.
Il indiquait que, de nombreux jours de voyage plus tard, ils avaient fini par monter un camp plus durable, et qu’il suspectait que l’expédition était finalement arrivée à destination. Le camp avait été installé dans un ancien village sarkarien alors abandonné, à proximité d’un de ces arbres dont ce peuple se servait parfois pour y installer leur laboratoire ou leur prison, un arbre thane. Il ne s’était plus rien passé les jours suivants, si ce n’est devoir porter des caisses de matériel à l’entrée de l’arbre, où visiblement les mages et leaders de l’expédition passaient leurs journées. D’après Légato, les soldats ne croisaient même pas un démon, chose qui me paraissait étrange en un tel lieu.
Mais au bout d’un certain temps, une nuit, tout bascula. Legato disait dormir dans la tente de Jerribeth et Shala quand il fut réveillé par des bruits, des cris, de l’agitation : sans doute une invasion de démons. Ses deux amies n’étaient pas là, et il eut à peine le temps de se préparer au combat quand deux monstres surgissaient dans la tente. Le soldat avoua avoir reconnu, sous des traits clairement démoniaques, deux de ses compagnons d’armes ! Leurs visages étaient familiers, mais pas leurs yeux injectés de sang, ni leur masse musculaire qui avait doublé de volume, encore moins les protubérances osseuses qui déchiraient par endroit leur peau. Il se résignait à les défaire et, craignant pour la vie de Jerribeth et Shala, fit abstraction du chaos qui semblait avoir pris tout le campement pour partir les retrouver. Il se dirigea finalement vers l’arbre thane, car elles lui auraient avoué s’y rendre de temps en temps en compagnie d’un Gardien des Failles qui, lui, en avait l’autorisation. Legato pénétra dans ces lieux et après avoir traversé d’étranges salles, tomba sur un spectacle qui le faisait trembler à l’idée même de le raconter. Il était tombé nez-à-nez avec Akiron, un des meneurs de l’expédition, qui combattait des démons aux côtés de son commandant, Andrew Drogaloth, de l’héroïne Yaniel ainsi que d’une Gardienne des Failles et une prêtresse de Sarenrae. Cette dernière était en pleine incantation, semblait-il au milieu d’un cercle d’invocation. Mais en face d’eux se dressaient, menaçantes, ses amies Jerribeth et Shala, accompagnées du Gardien des Failles dont elles parlaient parfois, et surtout d’un démon aux allures féminine mais dépourvu d’yeux, en lieu et place desquels sortaient des sortent de cornes. Cette description me faisait penser à Minagho bien sûr, mais quel rapport pouvait-il y avoir ? Autre chose attira son attention cependant, une ombre noire comme la nuit dotée d’yeux rouges qui scintillaient lorsqu’ils croisèrent le regard du jeune soldat. L’ombre fonçait vers lui et, lorsqu’elle était à portée de bras, Akiron se serait tourné vers lui en lui disant une phrase qu’il n’oublierait jamais : « Ne m’en veux pas soldat, mais tu tombes bien », avant d’incanter quelques paroles magiques, et dirigeant une main vers lui et une vers l’ombre. Legato racontait avoir senti à ce moment-là une douleur si vive qu’il sombra dans l’inconscience.
Après cet événement, le jeune homme ne se rappelait plus rien jusqu’à son réveil dans la demeure du vieil Akiron, qui allait être sa maison durant plusieurs années, sans jamais pouvoir parler de ce qu’il s’était passé. Quelques années plus tard, le mage adoptait un jeune orc, Singed, à qui il enseignait l’art de l’alchimie. Je savais qu’il parlait d’Orkamania, même si nous ne l’appelions de notre côté jamais comme ça. Akrion lui interdit à nouveau de parler de son histoire, et Legato avoua qu’il n’en avait pas d’autres séquelles que de fugaces et ponctuelles pertes de mémoire. Sa vie fut alors calme jusqu’à une nouvelle et bien plus sévère perte de mémoire, qui le ramenait au matin même. Tout ce qu’il pouvait nous dire de ce moment était d’avoir cru apparoir la silhouette de son ami Singed, "bien plus vieux que dans ses souvenirs" précisait-il. Il décrivait aussi une jeune et petite femme, probablement halfeline, aux cheveux longs tressés. Il s’agissait sans nul doute de Nurah ! Enfin, il avait entendu, une fois les deux sortis de la tente dans laquelle il se trouvait par deux issues différentes, la voix d’une femme suivie de bruits de combat. Je me disais que, peut-être, Selka était aussi mêlée à cette histoire.

L’histoire du nouvel arrivant était pleine de révélations, mais le plus urgent consistait à comprendre ce qu’il en était d’Orkamania, Nurah et Selka. Nous avons parlé un moment entre nous pour tenter de mettre à plat ce que nous savions et comprendre ce qu’il pouvait s’être passé. J'ai finalement vendu la mèche concernant le mot qu'avait trouvé Aravashnial quand nous étions au Gué de Vilareth. Ce fameux message parlait d'un ou d’une demi-orc qui allait servir aux démons, et d'une traîtresse dans nos rangs, une femme à leur solde. D'après ce que nous pouvions en déduire, l'orc était Orkamania, et la traîtresse Nurah. Volgar a très mal pris le fait que Hécate et moi avions souhaité cacher cette information, et il a encore plus désapprouvé le fait que j'en avait parlé quelques jours plus tôt à Torkemada. J'imagine qu'il s'est senti lésé, et je pouvais le comprendre. Mais moins nous étions dans la confidence, moins nos investigations risquaient de se faire remarquer. J'avais fini par le lui faire comprendre, mais je croyais que sa rancœur était aussi tenace que l'odeur de ses pieds.

Quoi qu’il en était, Legato nous semblait tout à fait sérieux et honnête dans ses réponses, et nous avons décidé de le mettre à l'épreuve en l'emmenant au cimetière, la direction où des gardes avaient vu Nurah se diriger, accompagnée d'une grosse partie de notre armée. D’ailleurs, Irabeth nous apprenait à ce moment-là que Radiance – l’épée de Yaniel que nous avions sauvée des griffes de Minagho à Kénabres – avait elle aussi disparu. Difficile de croire à une coïncidence compte tenu de l’importance que l’arme semblait revêtir pour les sbires de Baphomet !
Pendant ce temps, Hécate et Kaptra était parties à la recherche de Selka, autour de la tente de l’orc. Elles l’avaient finalement trouvée assassinée, à moitié dissimulée à la va-vite dans un buisson proche de la tente. Elle présentait semblait-il des marques de griffes : cela disculpait Orkamania, mais vu leurs relations, difficiles à croire que tout cela ne soit qu’une coïncidence. Les deux femmes décidaient de profiter du pouvoir de la prêtresse pour tenter d’en savoir plus, en communiquant avec l’esprit de Selka. Hécate avait confiance en Selka et l’avait protégée notamment des attaques verbales de l’orc, elle tenait à comprendre qui était le traître. D’après ce qu’elles ont rapporté de cette étrange entrevue, la communication était difficile, et les paroles peu claires. L’esprit trop faible ne pouvait faire des réponses construites aux trois questions que Kaptra put poser, et il fallait décrypter certains passages qu’elle consigna soigneusement : A la question "Qui t’as tuée ?" l’esprit répondit : « … l’orque… c’est, l’orque… je l’ai combattu… l’ai terrassé… mais son ombre s’en est détachée… trop forte… puissante… rien pu faire… » Ensuite, Kaptra demanda si elle savait pourquoi, ce à quoi l’esprit ajouta : « … trahi… j’ai surpris l’orque… l’halfeline… il l’a écouté… accepté… il a bu… embrassé les ombres… je voulais empêcher… fuite… » Enfin, la prêtresse voulu des détails concernant cette "ombre" : « … l’ombre… le démon… l’invidiak… plus fort… plus puissant que les autres… quelque chose l’a changé… prenez garde… ».
Hécate, perturbée par cette scène, fini par révéler que l’esprit semblait comme s’accrocher, alors que la prêtresse ne parvenait plus à maintenir la connexion, et, avant de rejoindre l’au-delà pour de bon, Selka ajoutait une dernière et non moins cryptique phrase : « … Arueshalae… la succube… je la chassais… pour racheter ma liberté aux Abysses… Arueshalae… s’est détourné de la Horde de Sauterelles… pour le Machaon… peut-être... plus utile à vous… vivante… désormais… … … »

Nous étions partis de notre côté vers le cimetière. En chemin, j'ai décidé de discuter un peu avec Legato, déjà pour lui montrer que nous n'étions pas tous des sauvages dépourvus de sympathie, mais aussi pour tenter d'en apprendre un peu plus sur lui. Et pourquoi pas sur Orkamania, ou Singed, comme il l'appelait, au passage. Mais si ce n’est l’existence d’une relation pour le moins ambiguë entre les deux…. frères d’adoption, je n’apprenais pas grand-chose susceptible de m’éclairer.
Une fois au cimetière, accompagnés de ce qu'il restait de nos armées, nous avons pris à revers les troupes de goules qui nous avaient attaqués la veille. Parmi eux se trouvait une connaissance de Torkemada et Volgar : un incube nommé Exorius, qui avait déjà eu affaire à eux vers le Canyon du Gardien. C’est lui qui était venu saboter notre engin de siège ! Mais ce jour-là, face à nous tous, il n’était pas de taille. Alors que nous pensions devoir ruser pour défaire un tel ennemi, nous n’en avons fait qu’une bouchée après que Torkemada ait réussi à l’immobiliser par magie ! Ce n’étaient pas ses quelques sbires qui pouvaient nous empêcher de le terrasser, et malgré sa futile tentative de fuite, il finissait sa misérable existence tranché en deux par la hache de Volgar. A ses côtés se tenait une sorte de spectre aux ailes de chauve-souris qu’il fut plus difficile à contrer, d’autant qu’il rabâchait que nous devions retrouver son "apparence charnelle" afin qu’il puisse nous exterminer… Nous ne prêtions pas attention à ses propos fantasques et finissions par dissiper cet esprit étrange grâce à ma magie divine.
A proximité de là se dressait un large tombeau, seul endroit où aurait pu se cacher cette infâme halfeline. Une énergie mauvaise en émanait, comme une aura maléfique pesante. Alors que nos troupes ratissaient le vaste cimetière en affrontant des centaines de goules, sans peur nous pénétrions dans la bâtisse pour tomber sur un ancien caveau d’où sortaient des squelettes embrasés qui se jetaient sur nous. Ils n’étaient cependant pas seuls, puisque nous avons là retrouvé l’esprit que nous avions combattu à l’extérieur, sous sa véritable apparence ! Un berbalang hantaient le tombeau, et dirigeaient vraisemblablement les goules du cimetière. Nous avons pu l’éliminer et rejoignions la sortie pour nous apprêter à sanctifier les lieux lorsqu’un coup de théâtre eut lieu : Nurah était là, à bonne distance mais face à moi, flanquée de plusieurs soldats à nous qu'elle avait visiblement converti à sa cause.

« Nurah... Tu vas payer ta trahison ! » lui lançai-je d'un ton de défi.
"Elle n'avait trahi personne" selon ce qu’elle répondit. Forcément, de son point de vue elle était contre nous depuis le début...


La suite, bientôt !

Modifié par un utilisateur mardi 13 août 2019 09:45:41(UTC)  | Raison: Non indiquée

thanks 1 utilisateur a remercié RING3R pour l'utilité de ce message.
Utilisateurs actuellement sur ce sujet
2 Pages<12
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum.
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets de ce forum.
Vous ne pouvez pas effacer vos messages dans ce forum.
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum.
Vous ne pouvez pas créer des sondages dans ce forum.
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum.

Pathfinder-fr v2 Theme by Styx31, with some icons from fugue
Propulsé par YAF.NET | YAF.NET © 2003-2019, Yet Another Forum.NET