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Offline RING3R  
#41 Envoyé le : vendredi 13 décembre 2019 12:44:09(UTC)
RING3R
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III.6b – LE TEMPLE DU PARADOXE (par Sorana)


Après avoir laissé derrière nous Volgar, Orkamania, Kaptra, Klavak et Shakh, notre second groupe composé d'Hécate, Torkemada, Arueshalae, Baran et moi-même s'enfonçait sous terre, descendant marche après marche un vieil escalier de pierres interminable. Au bout d’une longue descente, la pierre taillée et usée laissait petit à petit la place à d'immenses racines noueuses, dont la plus imposante nous emmenait, comme par un balcon, en surplomb d’une haute salle, certainement ce qui servait jadis de hall. A mi-hauteur de la pièce environ, pris dans les racines, un imposant rocher arraché au plafond pouvait nous servir de plate-forme afin d’observer plus attentivement la caverne en contrebas, plongée dans l’obscurité la plus totale. D'ici, mes yeux nyctalopes pouvaient apercevoir dans le coin opposé une sorte de bassin aux eaux sombres et recouvert d’algues immondes, qui ne m'inspirait guère confiance.

Nous nous attendions tous à rencontrer tôt ou tard un danger, et en effet bientôt un troll sortit de l'eau en grognant et, sans doute alerté par le bruit que nous faisions, commença à s'approcher de nous ! Je pensais qu'il était le seul monstre présent dans cette pièce, mais mon erreur me couta vite cher : alors que je préparais mes flammes pour rôtir la créature, je sentis quelque chose au contact de ma cheville, puis me suis retrouvée sans comprendre tractée vers l’arrière, par les pieds, pour finir la tête en bas, suspendue au plafond par d’ignobles tentacules gluants ! Un de mes compagnons avait reconnu à leurs extrémités un "enlaceur", créature des cavernes capable de se confondre avec les formations rocheuses lorsqu’il restait suffisamment immobile. Mais alors que je me débattais, un troisième danger intervint : Baran, le Chevalier Dragon, se retrouva assailli par une bestiole ailée, pas plus grande que le bouclier d’Orkamania, mais qui vint se coller au visage du sangdragon et à la manière d’une ventouse géante, l’empêchait désormais de respirer ! Ce dernier ne pouvait plus parler, et sa magie devenait ainsi inutile contre son agresseur. Il s’agissait sans nulle doute d’une mante obscure, créature que nous avions déjà croisé dans les souterrains de Kénabres au début de tout ça, mais serait-ce par la corruption des lieux, celle-ci semblait bien plus coriace et agressive. Arueshalae banda son arc pour tenter de la défaire de sa proie, mais à chaque coup reçu, la mante resserrait son étreinte risquant à tout instant de broyer le crâne de notre nouveau compagnon ! Pendant que je m’employais à faire flamber les tentacules qui me retenaient et que Baran se dépêtrait tant bien que mal, Torkemada et Hécate s’occupaient du troll qui se rapprochait dangereusement de l’ensorceleuse. Chaque blessure infligée semblait se refermer aussitôt, et ils n’étaient qu’à peine capables de ralentir la progression du monstre. Quel dommage que Baran et moi-même fussions bloqués car l’inquisiteur nous informa que cette créature était vulnérable à l’acide comme au feu ! A nous deux nous n’en aurions fait qu’une bouchée, mais ils devaient se débrouiller sans nous. De mon côté, je parvins finalement à réduire en cendre le tentacule qui m’agrippait, mais quelle sotte faisais-je ! Je n’avais pas vu venir la chute d’une dizaine de mètres qui s’en était suivie… Désormais au sol plusieurs mètres sous l’enlaceur, je pouvais malgré tout deviner ses intentions : il tentait alors de s’en prendre à une autre cible, la succube repentie. Celle-ci fut agrippée à son tour, et bien entendu la créature se retourna ensuite vers moi, m’obligeant une nouvelle fois à me retrouver suspendue par les pieds à dix mètres de hauteur.
Après plusieurs chutes et remontées forcées, nous avons pu finalement venir à bout de cette aberration, tandis que les flèches combinées de Torkemada et Arueshalae avait suffisamment affaibli la mante obscure pour que Baran puisse l’arracher de son visage, perdant en même temps une bonne partie de son museau de dragon… Le pouvoir de mon bâton m’a ensuite permis de me téléporter en hauteur, au niveau du troll, afin que je puisse le faire flamber lui aussi ! En flamme, il prit panique et se jeta dans la marre pour se rafraîchir un peu. Je ne savais pas s’il allait revenir mais pour l’heure, nous pouvions avancer.

Le couloir qui partait de là nous guida jusqu’à la salle suivante : une caverne si immense qu'elle me donnait le vertige. Non loin de l'entrée, de gigantesques marches, semblables à un escalier pour géant, descendaient dans une zone qui devait – au vu des traces sur les parois – autrefois contenir de l'eau, en quelques sortes à la manière d’un immense bassin vidé. Nous avons ensuite remarqué une sorte de pilier large d’un mètre ou deux, qui sortait du plafond, et sur lequel était gravé un symbole magique symbolisant la foudre. Après concertations, nous en avions conclu qu'il s'agissait très certainement d'un piège, devant jadis électrocuter les gens qui entraient dans l'eau. L’eau était maintenant inexistante, la zone semblant avoir été totalement asséchée. Le piège avait été désamorcé. Nous avons réussi sans grandes difficultés à traverser cette zone – certains encore plus facilement que d’autres puisque si nous étions condamnés à escalader péniblement ces marches disproportionnées, Arueshalae voletait au-dessus en nous narguant. Nous nous sommes retrouvés ainsi dans une nouvelle salle bien étrange, très ancienne dont les murs, le sol et le plafond étaient recouverts de plantes et racines titanesques. Le sol était jonché de cadavres d’animaux en tout genre, visiblement ayant connu une mort violente.
Dans ce nouvel environnement, Hécate a pu utiliser son bâton druidique, obtenu lors de sa découverte du tombeau de Delamère quelques jours auparavant, et s'en servit pour tenter de communiquer avec certaines des plantes présentes dans la pièce. Ainsi, elle apprenait que ces lianes et ces racines entremêlées ici, tout comme les animaux qui eux n’étaient plus, formaient à l’origine d'anciens pièges mis en place par d’antique druides dans le but de protéger ce qui était caché plus loin. Hélas, ces protections avaient fini par tomber il y avait déjà de nombreuses "pousses". Cette conversation surréaliste avec les végétaux d’un autre temps nous révélait que rôdaient encore quelques adversaires devant nous : des "vaches bipèdes de métal" avec pour objectif de récupérer le Lexique des Paradoxes. Nous devions le retrouver avant eux ! Dans cette pièce, nous avons également découvert au sol des traces et des résidus de métal indiquant que quelqu'un avait tiré quelque chose de vraisemblablement très lourd et particulièrement encombrant... Qu'allions-nous donc encore affronter ?

Nous continuions notre progression pour découvrir un nouveau décor, délaissant l’aspect naturel des cavernes pour celui des murs maçonnés. De là où nous étions, nous pouvions remarquer que l’unique issue était obstruée par une sorte de champs de force ondulant, sans doute d'origine magique qu’il nous fallait désactiver. Mais nous n’étions pas en sécurité pour autant : seulement quelques pas d’Hécate en direction de la barrière arcanique avaient suffi pour faire sortir de l’ombre des créatures visqueuses et immondes, de véritables monstruosités. Une masse informe couvertes de bouches aux dents acérées, une sorte d’œil géant flottant doté de tentacules dont l’extrémités présentaient d’autres yeux plus petits, ainsi qu’une vase noire gargantuesque nous ont pris par surprise ! Hécate était dos au mur, littéralement, et dû se résoudre à combattre. Mais chaque coup qu’elle donnait à la vase provoquait un phénomène terrible : celle-ci se divisait en deux entités plus petits mais non moins dangereuses ! Nous avions identifié l’œil flottant comme étant un "spectateur", rejetons des terribles et légendaires tyranoeils, et capables de projeter des rayons mortels depuis leurs tentacules. C’est malheureusement ce qui arriva à Baran, qui n’avait pas la force de volonté nécessaire pour résister à la confusion la plus totale qui l’avait soudain frappé. Incapable dès lors de distinguer alliés et ennemis, il se mit à attaquer tout ce qui se trouvait à sa portée ! Nous n’avions pas besoin de ça… Je tentais pour ma part de réduire le babélien en cendres, mais en prenant soin de ne pas trop m’approcher de lui : de ses dizaines de bouches émanait un charabia incompréhensible mais terriblement envoûtant. Et bien évidemment, c’est ce moment qu’avait choisi le troll pour refaire surface dans notre dos ! Heureusement que Baran, enfin libéré de la confusion qui l’empêchait d’agir, lui régla son compte d’un jet d’acide. Quelle répugnante capacité !
Ces monstruosités n’ont finalement pas fait le poids face à notre équipe, mais ces combats avaient bien entamé nos ressources, et il était absolument hors de question de nous reposer, nous n'en n’avions pas le temps : pendant que nous errions dans ces salles à la recherche du Lexique, nos compagnons défendaient chèrement leur vie à la surface, nous permettant de faire nos recherches sans nous préoccuper d'être pris en tenaille.

Une fois "en sécurité", nous nous sommes approchés du mur arcanique qui bloquait le passage : Hécate étudia la magie à l’œuvre et nous confirma que celle-ci empêchait le son de passer d'une pièce à l'autre. C’était une bonne nouvelle car, en regardant de l'autre côté, nous avons aperçu des fanatiques de Baphomet, coiffés de casques en forme de tête de minotaure – sans doute les "vaches de métal" mentionnées par les formations végétales que nous avions rencontrées. Etrangement, ils semblaient inactifs, comme s’ils attendaient quelque chose… Nous nous attendions à en croiser, mais j’imaginais qu’ils étaient occupés à chercher activement le Lexique. Nous avons ainsi pu nous préparer à nous occuper d’eux : Hécate était prête à dissiper la magie du mur quand Torkemada décocha une volée de flèche en direction de nos ennemis. Il réussit à éliminer d’emblée un premier adversaire, ce qui bien sûr a donné l'alerte mais nous a fourni un avantage décisif. Bientôt, les autres se précipitèrent sur nous mais Arueshalae réussit à séduire un des fanatiques, et lui avait demandé de remonter à la surface, ce que ce dernier a fait, je suppose pour finir par être occis par nos alliés là haut. Mais, très vite, le sol se mit à trembler au son de pas imposants, et un énorme golem de bronze nous avait rejoint et bloqua l'encadrement de la porte. Avec lui, une femme, qui se mit à nous attaquer avec une magie surpuissante ! La vague de glace qu’elle lança sur trois d’entre nous a manqué de peu de nous mettre hors combat, mais une zone de silence incantée par l'inquisiteur résolut rapidement ce problème. La force du golem était terrifiante et Baran manqua par trois fois de succomber ! Je n’osais m’approcher par peur de me faire écraser d’un seul coup, mais Arueshalae et Torkemada ont fait preuve de plus de témérité en sauvant le Chevalier Dragon in-extremis. Ce combat fut peut-être le plus ardu de ces derniers jours, mais finalement nous sommes parvenus à détruire la créature artificielle, et à éliminer les derniers fanatiques. Seule la femme avait disparu, elle avait réussi à s'enfuir. Nous n'avions pas le temps de la poursuivre, et avons donc préféré continuer notre exploration.

Une fois tous les ennemis mis hors combat ou envoyés ailleurs, nous nous sommes retrouvés bloqués devant un obstacle que nous n’aurions jamais pu prévoir : nous nous tenions devant une salle de taille moyenne, vide, avec une unique issue exactement en face de celle par laquelle nous étions entrés. En pénétrant dans cette salle, chacun de nous a pu voir avec stupeur un double de lui-même apparaître, entièrement nu mais sans attributs sexuels, comme des poupées à taille réelle. J'ai eu l'impression de faire face à un miroir. Chaque geste que je faisais était reproduit à l'identique, exactement en même temps. Si je faisais un pas en avant, mon double faisait de même. Un bras levé ? Pareil pour mon "reflet". Finalement curieuse, je me suis avancée jusqu'à pouvoir toucher l'autre "moi", mais rien ne s'est passé de particulier. C’est ainsi que nous nous sommes rendus compte que nous ne pourrions pas avancer davantage ! Si je souhaitais passer la moitié de la salle, mon double se tenait systématiquement sur mon passage. Impossible de le contourner puisque celui-ci reproduisait mes mouvements à la seconde près. Comment passer ? Des idées plus stupides les unes que les autres fusaient, mais aucune ne semblait concluante. La première à réussir à passer fut Hécate qui usa de magie pour se téléporter de l'autre côté de son double, au niveau de la porte de sortie de la pièce. De là, elle a pu agripper un de nos doubles, l’empêchant ainsi de reproduire les mouvements de sa "version originale", laquelle pu passer de l’autre côté. Après avoir décelé cette faille dans le système de sécurité, nous avons pu sans problème tous franchir cet obstacle pour nous retrouver face… à une nouvelle énigme !
Cette minuscule nouvelle pièce contenait trois portes en plus de celle par laquelle nous sommes entrés. Une sur le mur de droite, une autre en face, et la dernière à gauche. Au-dessus de la porte d’entrée était écrit un message en langage céleste. J'ai pu le traduire : « Un passage reste clos jusqu’à ce qu’il soit emprunté ». Que pouvait signifier un message si cryptique ? Fallait-il résoudre cette phrase pour avancer ? Ou était-elle là pour une autre raison ? Nous avons tenté de passer une porte, pour voir, et celle-ci nous avait ramenés dans cette même première pièce… nous ne pouvions ainsi pas progresser. C’est alors que Torkemada a remarqué, sous le message original, de nouveaux symboles toujours en céleste mais qui semblaient gravés à la hâte et à la main : j’ai pu les traduire par "gauche, droite, avant". Un nouveau brainstorming s’en suivit : de mon côté, j’’étais persuadée qu’il ne fallait pas franchir ces portes, mais simplement les ouvrir et les refermer dans un ordre bien précis depuis la première salle, pour qu’enfin la sortie de dévoile à nous. Mais c’est Torkemada qui nous a mis sur la bonne piste : chaque mot en céleste de la phrase commençait par le même symbole qu’un des trois mots écrits en dessous ! Ainsi, en ne considérant que le premier symbole de chaque mot de la phrase, et en le remplaçant par la direction qui commençait par le même symbole, une séquence se dessinait : gauche, gauche, droite, avant, gauche, avant, avant, droite, droite et gauche. L’inquisiteur était certain qu’il fallait emprunter les portes dans cet ordre-là. Préférant ma propre théorie, je n’y croyais pas… mais lorsque mes compagnons ont commencé à suivre ce plan, je fus bien obligée de les imiter. Et au bout du compte, nous avons pu trouver la sortie ! Moins bête qu’il n’y paraissait cet inquisiteur…

Nous nous sommes finalement retrouvés dans un couloir obscur qui débouchait sur une dernière salle, cette fois sans issue. La sensation malsaine que nous ressentions depuis notre entrée ici – et même depuis que nous nous étions rapprochés du village à la surface – était devenue encore plus pesante, plus oppressante. Tout ce qu’on pouvait voir là était un piédestal sur lequel reposait un épais tome fait de divers matériaux : parchemins, tablettes d’argile ou d’ivoire, peaux d’animaux et d'autres encore. C’était clair pour nous, il ne pouvait s’agir que du Lexique des Paradoxes. Mais bien entendu, il y avait un gardien pour le protéger... De lui émanait une aura particulièrement étrange, dérangeante, et on pouvait sans peine ressentir une puissance hors du commun. La créature était indéfinissable, tout du moins par nos connaissances. On aurait pu dire un ange parfois, ou un démon, voire un humain. Il était trop grand pour un humain certes, mais sa morphologie l’en approchait. Il était beau, mais terriblement effrayant. On devinait des sortes d’ailes dans son dos, mais elles semblaient irréelles, immatérielles. Son visage n’exprimait nulle haine, mais n’était pas rassurant pour autant. On ne pouvait dire qu’il était impassible ou indifférent, c’était véritablement indescriptible. Par sécurité, nous avons donc choisi de ne pas aller à l'affrontement avec lui, mais plutôt de tenter d’ouvrir la discussion, dans le but premier d'au moins pouvoir consulter le Lexique. Le gardien n’était pas agressif et nous laissait nous approcher de lui sans mot-dire, sans réaction aucune. Mais dès lors que nous étions à portée du Lexique – et à sa portée – il tourna la tête vers nous, comme s’il venait de nous remarquer : « Je suis le Gardien de ce qui est improbable, impossible, mais qui est. Qui êtes-vous pour prétendre au Paradoxe ? » Il était clair qu’il ne nous laisserait pas prendre le Lexique, ni même y accéder. Chacune de nos requêtes était refusée par le Gardien du Paradoxe, tel qu'il s'était présenté à nous. Inlassablement, l’être répétait que nous n’étions "pas digne du Paradoxe" ! J'ai tenté de l'amadouer en lui expliquant que j'étais moi-même un paradoxe, puisque je portais en moi non seulement mes caractéristiques mortelles, mais aussi des résidus de l'archange qu'il était, grâce à ma mère qui l'avait invoqué vingt ans plus tôt, ainsi que du démon Arueshalae. Mais je n'ai récolté comme réponse que « Tu es une conséquence du Paradoxe, pas la cause ». Je ne cache pas avoir plutôt mal pris la chose. Une simple "conséquence" ? Moi ? Si c'était le cas, pourquoi ma Déesse m'aurait-elle choisie pour être son bras armé dans cette Croisade ? Quelle personne désagréable, ce Gardien ! A ma suite, Hécate s'est présentée à lui pour lui narrer son histoire, et il ne l'a pas considérée au début. Pourtant, au moment où elle réussit à le convaincre qu'elle avait une page du Lexique scellée en elle, et que donc elle "était" le Paradoxe, il l'a sondée comme il avait fait plus tôt avec moi, et a reconnu qu'elle était comme lui, à sa manière. Finalement et contre toute attente, il a fait d'elle le nouveau Gardien du Paradoxe, lui laissant le soin de prendre, conserver et surtout protéger le Lexique à sa place, afin qu'il ne tombe pas entre de mauvaises mains. Dès cet instant, petit à petit l’être se désagrégeait à vue d’œil, laissant finalement pour seule trace de sa présence la garde seule d’une épée. Torkemada s’en approcha et rapidement pu faire apparaitre une lame d’énergie pure, aussi lumineuse que sombre, autant d’or que d’ébène : il l’a baptisée "l’Épée du Paradoxe". Nous repartions ainsi avec cet artefact et le Lexique que nos propres parents n’avaient pu se résoudre à emporter, notre mission était accomplie, enfin !

Nous sommes finalement retournés à la surface, où notre arrivée a fait fuir les derniers barbares contre lesquels se battait l'autre groupe. Et c'est triomphants que nous sommes revenus à Drézen. Maintenant, une dernière mission de la plus haute importance nous attendait : nous rendre au Sanctuaire d'Ivoire, y trouver Xanthir Vang et Jerribeth, et les détruire.


La suite, bientôt !

Modifié par un utilisateur mercredi 1 janvier 2020 11:47:22(UTC)  | Raison: Non indiquée

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#42 Envoyé le : mercredi 15 janvier 2020 17:32:17(UTC)
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III.7 - LE SANCTUAIRE D'IVOIRE (par Legato & Orkamania)


Mon nom était Legato MacDowel, mes amis m'appelaient Kluly. J'étais mort il y avait plusieurs semaines et pourtant j'accompagnais à chaque instant le petit Singed. J'étais probablement le fruit de son imaginaire, créé par son esprit pour lui permettre de supporter ma mort, et je pensais que la vérité l'aurait probablement tué de chagrin.
J'essayais de le rendre meilleur, mais ces années passées seul l'avaient perverti dans ses méthodes, quelles qu'elles étaient. Le rendre digne d'être un Chevalier de l'Ordre du Dragon était mon plus grand défi !

Après un voyage auprès de Volgar le barbare pour l'empêcher de nuire, un sauvetage de la succube et la récupération du Lexique du Paradoxe, notre nouvel objectif était tout aussi difficile : trancher la tête du serpent, qui pourrissait de son venin les rangs des croisades depuis bien trop longtemps. Il fallait éradiquer à la source ces façonneurs de traîtres ! Aussi nous partions pour le Sanctuaire d'Ivoire afin d'en terminer avec Xanthir Vang et annihiler toute trace d'infiltrés dans nos rangs !
Nous avions pris un jour de préparation et sommes partis aux aurores. Torkemada et Arueshalae nous guidaient le jour et grâce à eux, nous ne perdions pas de temps. Les nuits s'avéraient plutôt calmes grâce à la forteresse magique que Singed portait toujours sur lui.
Après six jours de marche éprouvante à travers les paysages désolés des Terres Blessées, nous touchions au but. Nous avons envoyé Torkemada en éclaireur qui, doté de ses lentilles, était capable de lire sur les lèvres à grande distance. Il nous décrivait un canyon parsemé de dizaines de statues de pierre, brisées pour la plupart. Quatre créatures semblaient arpenter la gorge : trois basilics et une gorgone. Arueshalae nous prévint que ces monstres étaient capables de transformer en pierre un ennemi d'un simple regard ! Nous décidions donc de passer incognito à l'aide d'un peu de poussière de disparition fournie par Sorana.

La stratégie était bonne, mais invisibles, aucun de mes alliés n'était capable de distinguer les autres. En revanche, nous avions tous pu entendre la lourde chute de Kaptra, suivie d'un juron typiquement nain. Nos ennemis n'ont pas été plus distraits, et se dirigèrent alors tous en direction du bruit ! La gorgone armait une charge, mais son élan se retrouva arrêté net par un obstacle invisible : Volgar était sur sa trajectoire, et ce dernier hurla de rage après s'être fait encorné. La bataille était lancée. Chacun s'évertuait à éviter le regard de son adversaire mais combattre de cette manière devenait beaucoup plus difficile. Sorana tenta de les aveugler par magie, mais se retrouva prise en tenaille par deux basilics. Les flèches de nos archers combinées aux attaques de Singed mirent rapidement un terme à la vie de deux d'entre eux. Volgar et Kaptra combattaient les deux créatures restantes, mais c'était sans compter sur le gaz sortant des naseaux de la gorgone, qui provoqua la pétrification des ailes de la succube ! Elle chuta au sol dans un cri de douleur. Les mouvements de Kaptra commençaient eux aussi à se riper, sa peau changeant petit à petit de couleur mais, malgré cela, la naine continuait de se battre jusqu'au moment où elle se retrouva totalement figée, à l'instar des autres statues de pierre aux alentours. La gorgone comme baroud d'honneur lança une dernière charge pour détruire la naine de pierre, mais j'ordonna à Singed d'attaquer à ce moment précis. Sa force et le bon timing transperçaient la peau de métal de la vache tandis que Sorana se jeta sur Kaptra afin de la sortir de cet état par magie.

Nous venions à peine d'arriver est nous étions déjà trop grandement affaiblis ! Nous nous sommes rapprochés de l'endroit où Arushalae avait perdu la trace de sa proie il y avait quelques semaines, quand tout à coup une ouverture étrange se forma sur l'une des parois du canyon. Volgar semblait y déceler quelque intérêt, à le voir s'y diriger à la hâte, suivi de près par Kaptra et Sorana. Mais avant que nous autres ayons pu les suivre, le portail se ferma derrière eux.
Les minutes passaient alors que le groupe était scindé en deux. Torkemada, Hécate et Arueshalae semblaient inquiets pour nos autres comparses, alors que Singed siffla un mutagène qu'il avait modifié alchimiquement afin d'activer le sang d’ombre qui coulait toujours dans ses veines. L'attente prit finalement fin quand nos trois camarades traversèrent dans l'autre sens un nouveau portail qui venait apparaître à l'emplacement du premier. Je ne remarquai nulle trace de sang goutter de la hache de Volgar, ni même du marteau de Kaptra. Ils nous révélèrent avoir rencontrer Jerribeth en personne, cette elfe qui a fait chavirer tant de cœur... dont le mien. D'après leurs dires, elle ne voulait que discuter, avaient-ils été couards ? Une occasion d'éradiquer ce fléau que représentait Jerribeth ne se présentait pas tous les jours...
A voir leur mine, un arrangement fut trouvé : l'élue de Sarenrae nous raconta que la proposition de l'elfe consistait à leur permettre un libre passage dans le sanctuaire afin d'éliminer son rival dans l'armée des templiers. Mais la contrepartie évoquée était hors de propos : Jerribeth aurait exigé en échange Arueshalae ainsi que le Lexique du Paradoxe ! Rien de moins. A ces révélations, la succube est restée imperturbable, Torkemada s'est contenté de serrer les dents, Hécate a, par réflexe, caressé l'emplacement de son étrange tatouage, et quant à Singed, il a eu l'air très déçu de savoir l'elfe toujours en vie.
Sorana poursuivit son récit en parlant de leur contre-offre : tuer uniquement Vang et ses sbires, suite à quoi de nouvelles négociations seraient possibles. Jerribeth a ainsi accepté à une condition supplémentaire : que l'un d'eux accepte de porter un anneau magique, sensé la lier à cette personne. Sorana tendit ainsi sa main et nous pouvions alors contempler cette maudite bague... Singed proposa de lui couper le doigt et, à sa façon d'arborer son sourire carnassier, je comprenais qu'il avait déjà en tête - ou plutôt en bouche - l'outil idéal pour ce genre de situation, et je voyais bien qu'il ne plaisantait qu'à moitié... J'implorai Cayden Cailéan de m'aider à rendre Singed moins sauvage !

Pour l'heure, nous devions pénétrer dans le sanctuaire. Par chance, Jerribeth avait révélé la manière d'entrer : Kaptra et Sorana se rapprochèrent de la paroi du fond et passaient leur bras à travers la pierre ! Des runes étaient cachées par un mur illusoire, et une herse, elle aussi dissimulée, se mit en branle. Volgar entra le premier et se retrouva face à deux minotaures, mais au lieu de dégainer sa hache comme à son habitude, il plaça sa main au niveau du visage et formait de ses doigts un signe étrange à l'attention des monstres. Tel était donc le signe enseigné par Jerribeth pour nous faire passer pour des templiers et éviter toute agression. Notre groupe imita Volgar et aucun sang ne fut versé. Deux autres minotaures montaient la garde plus loin, mais toujours pas de problème en vue. L'un d'eux gardait une porte qu'il n'avait pas l'air enclin à nous laisser traverser. Nous continuions notre progression, la main toujours en signe de reconnaissance, jusqu'à ce que trois choix s'offrent à nous : continuer tout droit vers une statue géante de Baphomet, tourner à droite vers une porte battante ou encore à gauche vers une autre porte précédée de quelques marches. Une partie du groupe continua tous droit vers la salle de la statue, gardée par deux démons cornus. Nous les avons reconnus comme deux démons kalavakus. Le signe des templiers nous permit encore une fois de passer sans encombre, jusqu'à un rideau qui cachait une petite pièce pourvue de rien d'autre que d'un cercle d'invocation. De l'autre côté, un second rideau masquait une salle de rituel, meublée d'un autel sacrificiel et contenant tout le matériel pour ce genre de barbaries. Pas de trace de Vang, celui qui avait trahi notre maître.
Revenant un peu sur nos pas, nous avons opté la porte de gauche qui débouche sur un hall aux nombreuses issues. Nous décidions finalement de faire demi-tour pour emprunter le dernier passage, et je proposai à Singed de bloquer cet accès avec une corde afin de nous faire gagner un temps précieux en cas d'arrivée de renforts par l'arrière. Il s'exécutait, mais se ravisa finalement : le reste du groupe préférait disposer d'un accès de repli en cas d'embuscade. Je regardais dans son dos car, en territoire ennemi, nous ne savions pas ce qui nous attendait, mais j'entendis alors la naine jurer de surprise ! Singed s'élança dans la salle qui nous faisait face, et j'étais sur ses talons. Volgar n'avait pas l'air dans son état normal : il bavait, mais pas de rage, plutôt comme si on venait de lui demander de compter le nombre de ses victimes. La fidèle de Cayden Cailéan se trouvait de nouveau dans une mauvaise posture : dans la gueule d'un monstre arachnoïde, ou précisément d'un collecteur de cerveaux ! Fort heureusement, Singed s'interposa à l'aide de mon bouclier. Avait-il fait vœux de la protéger ? Ou s'agissait-il d'une épreuve censée faire de lui un vrai croisé digne de l'Ordre du Dragon ? Un coup de rapière bien placé et l'immonde créature chuta, mais le combat était loin d'être fini car un autre collecteur rampait au plafond en essayant d'éviter les flèches conjointes de Torkemada et Arueshalae. Singed avait bien l'esprit de l'Ordre du Dragon, mais pas la manière : il répliquait à l'aide de crachats d'acide répugnants. La créature tenta alors de s'enfuir sous le déluge et, arrivée dans le couloir, chuta à son tour au sol sous les flèches meurtrières de la succube.

En voyant le monstre ainsi tomber, les deux kalavakus interrogèrent Arushalae. Celle-ci tentait tant bien que mal de les tromper, telle l'espionne qu'elle était, mais je sentais anguille sous roche. Mes alliés l'avaient très rapidement compris eux aussi et l'un des kalavakus eut tout juste eu le temps de pousser un cri d'alarme qu'il se retrouva raide mort, peut-être suite au coup de hache de Volgar qui lui avait arraché la moitié du visage, ou bien après que le marteau de Kaptra lui ait brisé la colonne vertébrale, à moins que ça ne soit la rapière de Singed qu'il avait plongée au fond de l'œil jusqu'au cervelet ? Quoi qu'il en était, les événements se sont précipités.
Les minotaures se ruèrent sur nous, mais une barrière de ronces crée par le bâton d'Hécate les ralentit assez pour nous laisser le temps d'occire le second kalavakus. Des renforts ennemis arrivaient de chacune des issues. Que ce fussent des templiers ou des minotaures, ils étaient rapidement accueillis par nos représailles pour la plupart mortelles. Deux fanatiques s'apprêtaient à incanter depuis la salle aux cocons, mais furent réduits au silence d'un claquement de doigt de Torkemada avant d'avoir pu terminer. Volgar et Kaptra semblaient vouloir continuer leurs concours de celui qui tuait le plus d'ennemis, concours qui avait débuté lors de notre bataille au pied de l'arbre Thane, et les minotaures étaient là pour les départager. Singed s'attela à la protection de Sorana tout en distrayant certains templiers afin que les volées de flèches de la succube les prennent par surprise. Chaque adversaire mort était rapidement remplacé par deux autres et les blessures de mes alliés commençaient à se faire sentir ! Sorana décida de se téléporter afin de mieux se positionner pour soigner les plus atteints, pendant qu'un groupe de fanatiques continuait de lancer des sorts à distance. Il n'en fallait pas plus pour motiver Singed qui perturba leurs incantations et devint à leurs yeux un vrai fléau. Pendant ce temps, Hécate économisait ses ressources les plus utiles pour combattre son père.

J'entendis soudain un violent claquement qui déchira l'air, et aperçus du coin de l'œil comme un éclair qui fit hurler de douleur Volgar et Sorana ainsi qu'un minotaure qui, bien malgré lui, sembla avoir servi de bouclier à Kaptra. Sous l'incompréhension de ce qu'il venait de se passer, Singed n'arrivait plus à parer les attaques de ses multiples adversaires ! Heureusement pour lui, Volgar vint rapidement à sa rescousse, mais en quelques secondes, le barbare se retrouva tracté en arrière par une force invisible, comme s'il n'était qu'une poupée de chiffon. Seul un mage d'une puissance incommensurable serait capable de ce genre d'exploit... ainsi notre proie était venue à nous ! J’ordonnai à Singed d'écourter son combat contre ce dernier templier, et celui-ci recula, bouclier en avant afin de contrer toute opportunité adverse, jusqu'au grand hall où nous pouvions découvrir Volgar flotter à un mètre du sol, les bras tendus comme retenu de force. De rage ce dernier se libéra finalement de cette emprise invisible et s'attaqua à deux templiers en pleine incantation. Le barbare abattit sa hache sur eux comme pour punir l'un de ses bourreaux.
Mais le barbare comme tous les autres ne voyaient pas ce que moi et surtout Singed discernions : une aura encore jamais vue, masquée par magie mais non par un simple sortilège d'invisibilité. Cette créature était capable d'attaquer et utiliser sa magie tout en restant indécelable. Au fur et à mesure que nous nous rapprochions de lui, j'avais l'impression que le temps ralentissait. Notre adversaire était méconnaissable avec tous ces vers qui formaient un corps immonde, mais de mon côté j'étais certain qu'il s'agissait d'Anarti.
« Xanthir Vang, traître à notre maître, mon nom est Legato MacDowel et voici mon bras armé ! ». A cette instant, Singed lâcha ma rapière au sol, pour dégainer son arme de prédilection modifiée dans la forge de Drézen par le nain Joran Vhane. Il ne visait pas avec sa main, non, il plongea son regard dans les orbites grouillantes de vers de Vang et, quand ce dernier remarqua enfin qu'il était visible aux yeux de mon petit-frère, il grogna de frustration et d'incompréhension. La pique de foudre quitta ainsi les mains de l'orc pour traverser les mètres qui le séparait de sa cible à une vitesse ahurissante. L'arme pénétra les premières couches de vers qui formaient le corps de cette abomination, et un sourire fait de lombrics se dessina sur le visage du magicien. La pique semblait s'être nichée, coincée, dans cette chair faite de vermisseaux mais, qu'il s'agisse d'un miracle de Cayden Cailéan ou juste d'une coïncidence, lorsque j'ai chargé cette engeance démoniaque en hurlant « Pour Akiron !» et ai empoigné la javeline pour finir le travail, celle-ci a pénétré le corps de Vang comme une lame chaude dans du beurre.



Ma lance gisait désormais sur le marbre, derrière mon adversaire. Des dizaines de vers jonchaient le sol, mais ce n'était pas suffisant pour déconcentrer le mage. Son aura n'avait disparu qu'un instant. Derrière moi, mes alliées criaient victoire après avoir anéanti tous les ennemis visibles, quels sots ! Je n'eus pas le temps de les prévenir quand Vang se manifesta d'une voix d'outre-tombe en levant la main en direction de mes alliés : « Vous pensez faire le poids face à moi, immondes mortels ! Vous rejoindrez les vers qui forment mon corps, de gré ou de force ! »
Un gaz mortel commence à se répandre dans la salle, mais étrangement, il semblait s'éloigner du ver-qui-marche. Il était bien plus fort que je le pensais ! Être capable de se concentrer sur deux sorts aussi puissants à la fois... ce combat ne s’annonçait pas de tout repos.
Je demandai à Kluly de l'aveugler en perforant ses orbites remplis de vers, mais ceux qui tombaient étaient aussitôt remplacés par d'autres. Ne ne devions pas perdre de temps ! Je ramassai ma rapière en hurlant à mes alliés que Vang se trouvait là, juste à côté de moi. Sorana n'hésita pas une seconde pour lancer une boule de feu gigantesque sur les barreaux de la herse derrière nous, et la déflagration révéla un bref instant les contours du mage sans m'atteindre. Je commençais à apprécier cette odeur de ver grillé.
Après son attaque, l’oracle dut quitter la zone emplie du gaz qui la faisait suffoquer. Kaptra, Hécate et Arueshalae faisaient de même. Torkemada essayait d'attaquer mon adversaire invisible, mais par crainte de m'atteindre, visa trop à gauche... quel dommage ! Volgar quant à lui s'avançait mais au moment où il arma sa hache pour attaquer un Vang invisible, ce dernier, d'un rire, l'arrêta net. Il positionna sa main sur le cristal qui formait l'extrémité de son bâton et je commençais à ressentir un froid cinglant, avant qu'une vague blanche et bleue nous frappe de plein fouet ! C'est en voyant la peau de Volgar se recouvrir de givre que je compris que je ne devais ma survie qu'à deux éléments : mes réflexes surhumains et mon mutagène. Sous l'effet de cette attaque, les flammes de rage dans les yeux de Volgar s'éteignirent, et il tomba au sol, inerte et froid comme un bloc de glace.
Cela me rappelait une histoire que m'avait racontée Kluly quand j'étais jeune : l'histoire du chevalier de l'Ordre du Cygne qui, après un combat terrible, devint lui aussi une statue de glace. C'est uniquement grâce à la chaleur humaine de son ami Andromède qu'il ne mourut pas. J'avais beau apprécier Volgar, je n'avais pas le temps de le réchauffer de cette manière. Je lui vidai avec hâte une potion dans le gosier et son effet ne se fit pas attendre : sa peau devenue si blanche reprenait une couleur rosée. Sans même me dire merci, le barbare se releva d'un bond et fit jaillir de sa main des flammes qui purent atteindre le ver-qui-marche. Je pensais qu'il venait d'utiliser toute les flammes de son corps, car Vang réutilisa son bâton, avant que Volgar ne retombe de nouveau comme le chevalier de l'Ordre du Cygne !
Toujours protégé par mon mutagène, je parvenais à me protéger de la majorité des dommages collatéraux de ce sortilège, et je voyais déjà ma peau se reformer à chacune des blessures subies. Je ressemblais presque à un lycanthrope dans cet état ! Je n'avais pas le temps de fouiller dans mon sac pour récupérer une autre potion afin de m'occuper de Volgar, par contre à ma ceinture était accrochée une carafe magique. Peut-être qu'avec un peu de chance j'allais pouvoir faire tomber au sol mon adversaire, pour qu'il soit plus facile à neutraliser ? Quelle erreur ! Un ver de terre ne fait qu'un avec le sol et malgré la puissance de ces trombes d'eau qui furent expulsées par le récipient magique, je n'arrivais qu'à noyer quelques lombrics.
Derrière moi, je remarquais Sorana au sol se faire trainer par Hécate ! Le nuage de poison était vraiment d'une puissance mortelle. Pendant ce temps, la succube et la naine se dirigeaient vers le passage qu'avaient emprunté les mages fanatiques. Elles ne se préoccupaient pas de Vang qu'elles ne pouvaient de toute façon pas distinguer et préféraient réduire leurs blessures. J'approuvais leur choix, la survie était la plus efficace des manières de ne pas perdre un combat.
C'est alors que Vang leva sa main dans ma direction et, d'une voix rauque emplie de haine, lança un simple « Meurs, orc ! » avant que trois traits de feu se matérialisent dans ma direction. Je parvins à en esquiver un, mais je me rendis compte que cela n'avait aucun intérêt en réalité car les effets du mutagène avaient déjà soigné mes blessures. Ce breuvage était d'une puissance impressionnante, mais je sentais son effet s'estomper beaucoup plus rapidement que prévu.
A l'arrière du hall, Hécate usa de téléportation pour mettre Sorana à l'abri du gaz mortel, et Kaptra se précipitait sur la pauvre oracle pour la relever. Tout juste debout, Sorana s'affairait à soigner à son tour Arueshalae en mauvaise posture. Vang était désormais encerclé, et Torkemada en profita pour incanter l'un de ses sorts fétiches capable à lui seul de réduire un magicien à l'impuissance, en invoquant une zone de silence.
Mais Xanthir Vang, alors incapable d’invoquer sa magie, ne dit pas son dernier mot. Il se mit hors de notre portée puis se téléporta à l'intérieur de son nuage toxique ! Il semblait avoir encore un atout qu'il n'avait pas révélé et au vu de la puissance de ce poison, je ne savais pas si mon mutagène me permettait de le chasser. J'hurlai que Vang avait fui au fond mais, incapable d'émettre le moindre son à l’endroit où je me trouvais, je m'élançai à sa poursuite, rapière en main, en indiquant qu'il se trouvait tout proche de la statue de Baphomet. En entendant cela, Sorana invoqua une nouvelle boule de feu qui caramélisa encore des centaines de vermisseaux, j'en avais l'eau à la bouche !
Hécate avait probablement pu lire un parchemin pour obtenir le même pouvoir que moi, car celle-ci ciblait maintenant le mage directement et, par une nouvelle incantation, réussi à dissiper la magie qui le rendait invisible ! Je l'ai vue murmurer « Au revoir, Père... »
Arueshalae n'attendait que ce moment pour pourfendre cette chaire molle, mais c'est finalement Torkemada qui donna le coup de grâce d'une flèche qui ressemblait alors à un tronc d'arbre affûté. Ce terrible combat était enfin terminé ! Kaptra, très énervée de ne pas avoir eu l'occasion de combattre le mage, écrasa plusieurs vers encore au sol. Quel dommage, j’avais dans l’idée d’en faire un repas.

Hécate ramassa le bâton de son père et tendit celui de druide à Sorana, mais avant de visiter les sous-sol, d'autres salles nous attendaient. Je m'attardais un certain temps sur ce qui semble être le cadavre torturé d'un humain, attaché sur une table dans une sorte de laboratoire de recherches. D'après mes investigations, les études menées ici concernaient un moyen de téléportation, ou plus précisément une variante de contrat planaire. En bref, il s'agissait d'un moyen de kidnapper à distance n'importe qui, n'importe où. Je devinais Kluly frissonner : « Ils peuvent enlever la reine à tout moment !' », mais je le rassurai aussitôt : « Ne t'inquiète pas Kluly, ce projet ne semble pas avoir abouti et, avec la mort de Vang, il n'avancera plus du tout ».
Alors que certains de mes compagnons avaient exploré les alentours pendant mes investigations, j'entendis quelqu'un revenir et Kluly de s'agenouiller soudain en hurlant « Yaniel ! Vous êtes de retour ' » mais son sourire disparut rapidement quand il se retrouva face à face avec Kaptra. Cette naine, revêtue d'un nouveau plastron qui irradiait avec une nouvelle intensité, avait vraiment l'odorat d'une truie à la recherche de truffe quand il s'agissait d'objet appartenant à Yaniel. Avec ce harnois, elle avait bien fière allure ! Dommage qu'il lui manquait encore le heaume.
Les autres revinrent à leur tour avec dans les mains une lettre ainsi qu'une cape en lambeaux que je reconnus à l'odeur. Torkemada expliqua à Kaptra, Kluly et moi-même qu'un combat avait eu lieu dans la chambre de Jerribeth et d'après le vêtement, un combat contre Klavak. Ils y avaient trouvé beaucoup de sang, mais pas de corps. Vieux frère ! Toi qui est le seul à avoir accompagné Kluly pour me libérer du démon qui vivait en moi, tu essaies encore de mourir en emportant avec toi le plus d'ennemis. Toi qui a toujours préféré attaquer que te défendre, tuer avant d'être tué... Je récupérai la capuche et fis le serment de la rendre à son propriétaire dès que possible. Les autres ne semblaient pas comprendre et je n'en avais cure car je lisais dans les yeux de Kluly que mon serment était juste. La lettre, quant à elle, semblait avoir été rédigée par Jerribeth à l'intention d'une certaine Hepzamirah. Notre alliée démoniaque nous apprenait qu'il ne s'agissait pas de n'importe qui, mais nulle autre que la véritable leader de feus les Templiers du Labyrinthe d'Ivoire, et la fille de Baphomet lui-même !

Toujours sur nos gardes, nous inspections plusieurs salles sans rien trouver de très intéressant. Kluly me soufflait d'ailleurs que nous ne cherchions pas très activement, pour un groupe aussi efficace en combat. Nous arrivions finalement dans ce qui servait de chambre à Xanthir Vang, où nous avons pu faire d’importantes découvertes. Dans un sac caché, Torkemada avait trouvé plusieurs livres ainsi qu'un vase clôt contenant un cœur humain ! De mon côté, j’avais déniché un coffre renfermant deux récipients vides mais qui avaient de toute évidence contenu un élixir Nahyndrien, ainsi que le journal de recherche de Vang. Le mage y avait consigné le résultat d'expériences qu'il menait à propos du "contrat au sein du plan matériel" ou des utilisations de cristaux Nahydriens. Parmi ces pistes, et en dehors du déjà fonctionnel "élixir", Vang évoquait la fabrication d'un ciseau capable de détruire les Pierres de Garde, ou encore d'un projet de Golem conçu dans ce matériau indestructible... Brrr...

Nous apprenions d'ailleurs d'où provenaient ces fameux cristaux : il s'agissait de minéraux dont la composante de base était le sang de Seigneurs Démons tués, extraits depuis les Îles de Minuit au cœur des Abysses. Avec mes connaissances sur le sang de démon et le sang d'ombre, je savais quelle pouvait être l'évolution de mon mutagène ! Mes yeux scintillaient d'envie, je le devinai à travers le regard de mes compagnons qui semblaient difficilement accepter de me laisser les deux potions afin d'en faire des expériences. Heureusement, lorsque je leur expliquai que mon but était de trouver un moyen de neutraliser l'effet de ces breuvages sur nos ennemis, mes compagnons finirent par acquiescer.
Une autre information aussi capitale que terrifiante nous était donnée par ce journal : l'extraction des cristaux avait lieu sur le domaine du Seigneur Démon Nocticula, d'après Arueshalae un des plus puissants de leurs représentants, ainsi que la première succube. Les agents de Baphomet et Deskari étaient ainsi en négociation avec elle pour l'intégrer dans leurs plans... Nous devions éviter ça ! A en croire notre nouvelle alliée, cela équivalait à signer la fin pure et simple des croisades...
Enfin, nous avions aussi mis la main sur une liste de tous les agents des Templiers du Sanctuaire d'Ivoire infiltrés dans les rangs des croisés ! Ces informations étaient vitales et allaient permettre une purge à grande échelle des traîtres qui s'étaient immiscés depuis des années dans les forces du Mendev. J'en profitais pour parcourir cette liste et tombai rapidement sur le nom de Nurah Dendiwhar. A cet instant, Kluly sourit en me disant « Tu peux la rayer de la liste, je m'en suis occupé personnellement ! » Le document en main, je vérifiais si le nom de Shakh Drogaloth n'en faisiat pas partie, mais après plusieurs relectures il ne semblait pas y être inscrit... pas avec de l'encre normale en tout cas ! Je ne pouvais plus voir ce qui était invisible, les effets du mutagène ayant disparus... quel dommage ! Je sortis discrètement de quoi ajouter un nom sur cette liste, mais Kluly retint ma main en secouant la tête pour m'indiquer qu'y inscrire le nom de Shakh était vraiment la plus pitoyable des idées de la journée.
Nous quittions finalement les lieux, toujours sur nos gardes car des renforts avaient peut-être pu arriver entre temps. Désormais Drézen nous attendait ! Il me tardait d'examiner plus en détail ces cristaux Nahyndriens !


La suite, bientôt !

Modifié par un utilisateur vendredi 17 janvier 2020 11:16:29(UTC)  | Raison: Non indiquée

Offline RING3R  
#43 Envoyé le : mercredi 15 janvier 2020 17:41:55(UTC)
RING3R
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Messages : 116

PS : j'ai eu beaucoup de mal à faire entrer ce long CR dans un même post (et je ne voulais pas le scinder en deux, même si c'était comme ça à l'origine) à cause des limites de caractères...
Désolé donc si j'ai été plus radin que d'habitude en "Notes du MJ" (qui sont aussi plus succinctes)
J'ai modifié pas mal de chose sur cette partie du tome 3, j'avais des choses à dire mais bon c'était pas non plus indispensable ^_^
A bientôt pour le tome 4 !
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