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Offline Dalvyn  
#1 Envoyé le : mercredi 29 juillet 2020 09:46:56(UTC)
Dalvyn
Rang : Référent
Inscrit le : 15/12/2009(UTC)
Messages : 17,695
Localisation : Dinant (Belgique)
Ceci est la traduction d’un billet de blog publié sur le site de Paizo et écrit par Ryan Cady.

Lem se racla la gorge et Mérisiel, avec un air de culpabilité, cessa de jouer avec sa dague pour donner sa pleine attention au halfling qui se tenait sur la table devant elle.

« Et maintenant, on peut commencer à parler de mon plan ? » demanda-t-il.

Les deux aventuriers étaient confinés dans une minuscule auberge d’Almas et, grâce à Lem, chaque centimètre carré de leur chambre était recouvert de papier. Sur l’unique table de la salle se dressaient de hautes piles de livres à côté de bouteilles d’encre vides, de plumes et, bien sûr, de tonnes de parchemins. Mais ce n’était pas les pages remplies de transcriptions et de petits dessins posées sur la table qui intéressaient Lem pour le moment, plutôt celles qui étaient placées sur le mur.

Son plan.

Il s’agissait globalement d’un collage de feuilles et de parchemins similaires aux morceaux disséminés dans la pièces épinglés dangereusement entre les deux torches crépitantes de la salle. Chaque centimètre carré de papier comportait des notes, des noms, des commentaires et des observations griffonnées et la plupart des parchemins étaient épinglés à côté d’illustrations que Mérisiel supposait liées au reste. Quelques cartes, des schémas, des frottis au charbon et des images déchirées de livres… mais la plupart des illustrations étaient clairement des portraits grossiers de personnes dans le style habituel de Lem. La seule structure organisant ces diverses composantes était une poignées de fils de laine multicolores qui s’entrecroisaient et reliaient images et pages avant de continuer, de se croiser ici et là, comme une toile d’araignée construite au hasard. Cela ressemblait au genre de choses qu’un servant fou de Rovagug pourrait considérer comme de l’art mais, pour elle, ça semblait surtout être un cri à l’aide.



« Alors, » demanda-t-il en levant ses épais sourcils. « Qu’est-ce que tu penses ? »

Mérisiel prit une profonde respiration avant de finalement poser la question qui la taraudait depuis le moment où elle avait embarqué à bord du navire à destination de l’Andoran.

« Quel est le but de tout ça, Lem ? »

Le halfling n’hésita qu’un court instant, affichant brièvement un air de déception tout en se grattant le côté de la tête, ses yeux faisant l’aller-retour entre son « plan » et l’elfe qu’il avait convaincue de venir l’aider. Il baissa les mains, hocha la tête, murmura quelque chose d’inaudible tellement bas que même les oreilles affutées de Mérisiel ne parvinrent pas à l’entendre clairement, puis croisa son regard avec un air solennel.

« Comme je l’ai dit… je crois qu’il y a un réseau d’espions chéliaxiens à l’œuvre ici à Almas, une conspiration secrète d’agents infernaux œuvrant subtilement pour influencer la politique andorienne… et nous sommes les seuls à pouvoir les arrêter. »

« Non, je veux dire… qu’est-ce que tout ça a à voir avec une embuscade contre un espion chéliaxien ? » demanda l’elfe tout en repoussant quelques mèches de ses longs cheveux argentés.

Elle jeta à nouveau un coup d’œil au mur. Elle supposait qu’elle pouvait désormais en comprendre au moins des parties ; la plupart des morceaux de carte concernaient la frontière entre l’Andoran et le Chéliax, et il y avait quelques symboles infernaux et croquis de Chevaliers infernaux. Au moins, la paranoïa de Lem avait du sens… il avait grandi en tant qu’esclave au Chéliax après tout.

« Tout a commencé, » dit Lem — et il y avait comme un air de représentation dans son ton, la verve typique qui n’apparaissait d’habitude qu’en plein combat. « Quand un vieil ami du Réseau de la Campanule m’a contacté… »

Le halfling indiqua l’un des gribouillages épinglés sur le mur. Il se mit à parler longuement de son vieil ami, un ancien esclave, qui avait remarqué que certains marchands andoriens semblaient s’être mis à envoyer deux fois plus que leurs stocks habituels… et tous étrangement près de la frontière chéliaxienne.

« Les informations qu’elle m’a rapportées sont liées à l’étape 6 de mon plan bien sûr, » dit-il en montrant une autre section du mur. « Où, avec un peu de chance, toutes les fausses caravanes chéliaxiennes ont déjà été éliminées par des membres d’une certaine organisation commerciale halfling tout à fait légale. »

Mérisiel était encore assise, mais elle tentait de paraître complètement intéressée, alors même que ses doigts dansaient sur les pommeaux qui dépassaient de son épaule, ceux des dagues enfichées dans les fourreaux qu’elle portait dans son dos.

« Légale… » murmura-t-elle, avant de s’égayer. « Il y a une mafia halfling ? »

« Non, » dit Lem en fronçant les sourcils. « Mais, juste au cas où, ne prononce plus jamais ces mots-là. »

Sans perdre une seconde, il revint à son plan, voyageant d’un endroit à l’autre sur les papiers, sans ordre discernable. Un moment, il expliquait comment il avait cartographié les chemins de patrouille des gardes de la ville puis, le suivant, il parlait d’une note au sujet du climat le long de la frontière.

Mérisiel venait juste d’arriver à Almas, mais Lem se trouvait dans la ville depuis plus d’un mois. Il avait laissé traîner ses oreilles du côté des marchands et des mercenaires, soudoyé des expatriés chéliaxiens et extrait des informations de sympathiques combattants andoriens, généralement sous des guises diverses. Le petit barde avait été bien occupé avec toutes les sortes d’actes d’espionnage possibles et tout cela dans l’unique but de construire un plan douloureusement complexe qui, du moins dans l’esprit de Mérisiel, se réduisait simplement à « embuscade ».

Le roublard sentit son attention vagabonder. Tentant d’occuper son esprit, elle se mit à jongler habilement avec un couteau, puis à utiliser sa pointe mortelle pour nettoyer ses ongles. Elle fit la grimace en voyant les saletés qu’elle trouva à cet endroit et essuya rapidement la lame salie sur le morceau de parchemin le plus proche.

Lem, toujours occupé à papoter, n’avait rien remarqué.

« … et grâce à l’aide de ce pauvre commerçant de sang infernal – qui, étonnamment, n’est pas du tout un ami du Chéliax – nous savons exactement quel attelage celui que nous soupçonnons d’être un espion va conduire.

Mérisiel releva les yeux vers lui. « Et donc, on l’attrape et on le poignarde ? »

« Non, non, non, » dit Lem en soupirant. « Si nous partons ce soir, nous devrions déjà être en planque. Souviens-toi de l’étape 34 ? »

Mérisiel ne parvint pas à réprimer un gémissement.

« Quoi ? » demanda Lem, tout en écarquillant les yeux, véritablement perplexe.

« C’est juste que… » Mérisiel interrompit sa phrase, un peu embêtée. Elle se mit à enfoncer son couteau dans un parchemin plié, marquant légèrement le bois de la table en-dessous.

« Où est-ce que je t’ai perdue ? Étape 14, avec l’échange d’attelage ? Ou étape 29, où Valéros et Kyra nous aident à placer des pièges au poste frontalier abandonné ? »

Avec un froncement de sourcils, Lem indiquait du doigt l’endroit de la table où le couteau de son amie s’enfonçait nerveusement dans le parchemin. Les joues de Mérisiel se mirent à rougir légèrement quand elle se rendit compte qu’elle avait en effet déchiré le parchemin à l’endroit où quelques mots étaient gribouillés, y compris « frontière ouest » et « poste frontalier abandonné ». Elle se racla la gorge et fit innocemment tourner le couteau avant de plonger entièrement sa lame dans le bois de la table, comme pour dire « J’ai fait ça de manière tout à fait intentionnelle ».

« Ce n’est pas le euh… plan global, Lem », commença-t-elle en soupirant. « Il est clair que tu as énormément travaillé, mais tout cela semble un peu… compliqué ? »

Le halfling ouvrit la bouche toute grande.

« C’est juste qu’il me semble qu’il n’y a pas besoin de 34… »

« Trente-sept, » intervint Lem.

« … 37 étapes ! Est-ce que tout cela ne revient pas simplement à : se cacher, attendre, puis les attaquer par surprise ? »

Mérisiel désigna d’un geste le collage insensé de ficelles, parchemins et images, les livres et les morceaux de papier éparpillés dans la pièce, puis finalement Lem. Le halfling s’était épuisé à concocter le plan parfait alors que, selon elle du moins, tout ce dont ils avaient besoin, c’était une longueur d’avance et un peu de chance.

Elle se leva de son siège, secouant lentement la tête, tentant de plonger son regard dans les yeux du halfling malgré sa tignasse de cheveux blonds.

« Tu as suffisamment planifié, » dit Mérisiel, sur un ton ferme et confiant. « Nous sommes prêts. »

« Méri, il s’agit du Chéliax. C’est sérieux. Si j’ai raté ne fût-ce qu’un détail, mal compris ou oublié une once d’information… »

« Ce n’est pas le cas ! » déclara la roublarde avec un sourire confiant, posant sa main sur l’épaule du hallfing. « Je veux dire… regarde tout ça ! Tu as couvert tous les angles ! »

Elle sortit agilement des lames de ses étuis à dague et, une par une, avec une agilité impossible, les lança vers le mur, chacune d’elles s’enfichant dans une illustration.

« Nous partons maintenant … »

CHTONC.

« Nous gardons une longueur d’avance sur l’espion… »

CHTONC.

« Nous donnons rendez-vous à Kyra et Valéros… »

CHTONC.

« Et nous mettons en place notre embuscade avant qu’ils ne traversent la frontière. »

CHTONC. CHTONC. CHTONC.

Lem observa le cercle de dagues enfichées dans le mur, puis regarda Mérisiel se rapprocher du plan et retirer les dagues une par une. Quand elle eut terminé et se retourna, il arborait le même large sourire qu’elle. Pour la première fois depuis le début de la planification, le halfling avait retrouvé sa confiance.

« Je pense que tu as raison, » dit-il avec un petit sourire arrogant. « J’ai bien pensé à tout. »

Lem tendit la main vers la table et retira la dernière dague de Mérisiel avant de la lui lancer. Elle l’attrapa agilement et les deux se mirent à rassembler leurs affaires, prêts à se mettre en route sans un regard en arrière.

Sans qu’ils ne le remarquent, le bout de papier plié que Mérisiel avait poignardé s’ouvrit maintenant qu’il n’était plus épinglé sur la table. Autour des déchirures, des taches et des morceaux de saletés incrustées sous les ongles, quelques mots étaient visibles. Une note donnée à Lem par un commerçant de sang infernal terrifié…

Le long de la frontière ouest, vous verrez un poste frontalier abandonné…

Et, en-dessous, le texte précédemment caché par les pliures continuait…

Évitez le à tout prix !

Modifié par un utilisateur mercredi 29 juillet 2020 10:09:05(UTC)  | Raison: Non indiquée

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