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Offline Guigui  
#101 Envoyé le : samedi 25 avril 2020 20:05:48(UTC)
Guigui
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Bhaal et Célestin : ô sombre héraut de la mère...


Kakishon, jour indéterminé, le matin


u petit matin, après le petite déjeuner frugal et alors que chacun fut occupé à préparer ses affaires, Célestin vint trouver Bhaal, avec un air incertain qui ne lui était pas coutumier.

« Bhaal, mon chou... J'ai... réfléchis à une nouvelle possibilité concernant ton lignage... Ce qu'ont dit les protéens concernant le mien, ce que tu as vécu à Katapesh... Je... Je crois que je pourrais... "forcer" la Bête qui sommeille en toi à se révéler un peu plus... Je sais que tu as dit que la Bête n'existait pas vraiment, mais je pense qu'elle est le reflet de ta nature profonde... Enfin plutôt de celle de ta mère... Enfin... Je ne sais pas vraiment... »

Il pinça les lèvres, un peu anxieux quant à la réponse que lui donnerait son ami. C'était un sujet délicat à aborder... « Si comme je le pense ça fonctionne, cette magie durera une dizaine d'heures. Mais il te faudra sûrement un peu de temps pour t'habituer à... ce que ça changera en toi. Qu'en penses-tu ? Es-tu prêt à tenter le coup ? »



Assis sur un rocher, occupé à affûter le tranchant de sa bardiche, Bhaal leva les yeux vers son ami. On y lisait un mélange de méfiance, peut-être de crainte, et d'intérêt. Les yeux jaunes du demi-démon fixèrent le jeune sorcier un bon moment tandis qu'il réfléchissait à sa réponse. La pierre à affûter s'était tue.

Les mots vinrent finalement, lents, précautionneux. « Tu sais, mon biquet, y'a pas si longtemps, j'aurais dit non, cent fois non à tout ce qui pourrait faire se réveiller la Bête. Pas pour moi, non : pour les autres. Pour elle, » fit-il avec un geste du menton, désignant Alia qui nouait les sangles de sa chemise de mailles un peu plus loin. « Tu te souviens ? J'avais peur de me transformer en démon, de devenir un être... corrompu, et de l'entraîner dans ma chute. Tu te souviens... de ce que ça m'a amené à faire, » acheva-t-il d'une voix blanche.

Il prit une grande inspiration, comme pour effacer ce souvenir. « Mais c'est fini, tout ça. Je n'ai plus peur. Je sais qui je suis, et je n'en ai ni peur, ni honte. A quoi bon ? Tu le dis toi-même, Sarenrae elle-même le dit : l'important c'est moins d'où on vient que ce qu'on fait. Ça vaut pour toi aussi, d'ailleurs, si jamais ce que tu as appris de toi-même te chatouille, mon ami, » dit-il en pointant un doigt amical sur le jeune homme.

Mais la calme assurance du géant rouge sembla soudain s'estomper quelque peu, alors qu'il cherchait ses mots. « Mais... Il y a autre chose. Je veux dire... Il s'est passé quelque chose dans le vortex. Ça, je vous l'ai raconté. Comment Sarenrae m'a sauvé. Elle vit en moi, maintenant. Mais... il y a une autre présence. Elle s'est révélée par la suite. Lors du combat contre le Bélier d'Or... Elle a parlé par ma bouche. Shamira... Elle est en moi, elle aussi... » A mesure qu'il approchait du terme de sa révélation, ses mots se firent murmures, et pour finir un souffle. Leurs amis étaient tous proches, mais nul autre que Célestin n'aurait pu l'entendre. Comme pour conjurer le silence qui allait suivre, la pierre à affûter reprit sa chanson.



Célestin ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Au lieu de ça, il resta ainsi, bouche bée, à dévisager son ami, les mots se bousculant dans son esprit sans qu'aucun ne prenne forme.

Il se reprit, mais ne put s'empêcher de jeter un œil alentour, avant de se reconcentrer sur les yeux jaunes de son ami. « Qu...oi ? » croassa-t-il. « Et Alia ? » continua-t-il à mi-voix. « Elle n'est pas au courant ? » Il écarquillait les yeux, décontenancé par cette révélation.



Tout en continuant son geste régulier sur la lame, Bhaal secoua la tête. « Au départ j'étais pas sûr, et puis... On n'a pas eu le temps. Pas trouvé l'occasion. Elle est pas bien, tu sais ? Elle est morte de trouille. » Il interrompit à nouveau son ouvrage, levant les yeux pour contempler son épouse dont la souple et gracieuse silhouette resplendissait dans la lumière du jour nouveau. « Velanya... » Ajouta-t-il simplement, d'une voix sombre.



Le jeune homme hocha la tête avec gravité. Oui, il s'en doutait. Elle avait tout fait pour récupérer sa fille, jusqu'à affronter la mort elle-même... Et n'avait pas pu pleinement profiter de leurs retrouvailles. Au lieu de ça, elle se retrouvait bloquée ici, avec une maigre chance de revenir à temps pour la sauver d'un nouveau danger. Quelle mère ne serait pas morte de trouille à sa place ?

« Je comprends. Inutile de l'inquiéter d'avantage avec ce genre de choses alors... Quant à moi... » Il émit un faible sourire. « Mon ascendance est prestigieuse, mais je n'en porte pas le poids. L'un comme l'autre étaient humains. L'un comme l'autre étaient des mages hors pair. Moi, je ne fais qu'emprunter ma magie à qui veut bien me la confier. Je n'ai pas à me comparer à eux. Je ne crains rien de leur part. Tout ce que j'ai appris sur ma lignée paternelle m'a révélé que je ne suis que moi, rien de plus. »

En disant cela cependant, le regard de Célestin se voila un instant. Une lueur d'inquiétude, ou d'incertitude.

« Tu sais... Jusqu'à présent, seule ma lignée paternelle m'a été révélée... Toi, tu as au moins la chance de connaître ton origine des deux côtés... » Il fit une moue, comme dépité, et sembla vouloir rajouter quelque chose avant de soudain s'abstenir.



Bhaal interrompit à nouveau son ouvrage, observa son ami avec attention, et posa son arme avant de se lever. Il posa une paluche affectueuse sur l'épaule du jeune homme. « Je te comprends, mon biquet. Il est préférable de savoir, même si j'ai un moment cru le contraire. Il y a beaucoup de choses que nous ignorons de nos origines. Toi, moi, Alia... Nedj. Cette ignorance nous relie, en quelque sorte. Peut-être même que nos vies se sont mêlées grâce à ça, et je suis sûr que notre destin est de percer ces mystères. Tu sauras un jour d'où tu viens. Tu le sauras entièrement, mon pote, pour le bien ou pour le mal. J'en suis persuadé. Et il faudra que tu sois en paix avec ça, quoi que tu découvres. »

Il prit une inspiration avant de continuer. « Enfin, tout ça pour te dire que c'est d'accord. Je ne crains plus de "révéler ma nature profonde". De toute façon, je ne crois pas que ma mère souhaite me contraindre à quoi que ce soit. Pourquoi m'aurait-elle envoyé chez les hommes, si elle ne voulait pas que j'exerce mon libre-arbitre ? » Se demanda-t-il à lui-même autant qu'à son ami. « Vas-y, balance ton sort, » Ajouta-t-il en souriant, avec un air de défi. « Impressionne-moi ! »



« Peut-être... » répondit-il d'un air songeur. « Peut-être que tu as raison... Un jour, nous aurons le fin mot de toute cette histoire... » Il sourit. « En attendant, nous devons faire face à l'adversité, quoi qu'il arrive. »

Son ami acceptant sa proposition, il posa une main affectueuse sur son bras musclé. « Pas tout de suite mon ami. La magie a une durée limitée, et nous avons un trajet en bateau assez long. Profite du voyage, mon chou. Lorsque les côtes seront en vue, ce sera le moment de ta transformation. Je pense que ça devrait te laisser le temps de t'y habituer. » lui dit-il avec un clin d'œil. « Et le temps d'en parler à ta moitié ! » ajouta-t-il, visiblement amusé par cette perspective.

Modifié par un utilisateur samedi 25 avril 2020 21:53:36(UTC)  | Raison: Non indiquée

Bhaal reste à l'ombre en BM-96 | Zorg allume le feu en S-210 | Darmrok fait la guerre en N-211
Le combat à allonge
Le bloodrager abyssal
L'étroit mousquetaire
Offline Guigui  
#102 Envoyé le : samedi 25 avril 2020 20:06:25(UTC)
Guigui
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Célestin, Bhaal, Alia : les contes du sabotté


Kakishon, sur la galère nexienne


e voyage en bateau s'était passé sans encombre. Le temps de trajet d'environ trois heures avait correctement estimé, et les côtes de l'ile paraissaient enfin à leur vue. Célestin, qui profitait du voyage pour admirer l'œuvre de son ancêtre, se décrocha de la rembarde pour s'approcher de Bhaal.

« C'est l'heure mon petit chou. Tu as pu en discuter avec Alia ? »



Le géant rouge jeta un oeil vers sa femme, assise un peu plus loin sur le pont, en train de converser avec Spooky. « Mmmh... » Grogna-t-il sur un ton qui transpirait la mauvaise humeur, « Elle est pas emballée mais ça ira. Après tout c'est qu'un sort. Je veux dire... C'est juste pour quelques heures, on est bien d'accord ? » Demanda-t-il, pas très rassuré, finalement.



Célestin éclata de rire. « Détends-toi mon chou ! Oui, ce n'est que temporaire, je te l'assure ! » Dans son hilarité, une pensée saugrenue lui vint à l'esprit, mi-humoristique, mi-sérieuse. A moins que ça plaise particulièrement à ta mère de te voir comme ça, auquel cas elle pourrait le rendre permanent... Mais il n'osa pas la formuler, de peur d'angoisser plus que de raison son ami.

Il reprit son sérieux, et se concentra. « Tu es prêt ? » Il attendit l'approbation de son ami, posa une main sur sa poitrine, ferma les yeux, et se mit à psalmodier. En abyssal.

Cette fois-ci, l'incantation ne fut pas brève, comme celles auquel son ami était habitué. Il lui sembla qu'elle nécessitait une concentration, une magie bien plus intense que les autres, et qu'elle puisait non seulement en la magie de Célestin, mais également au plus profond de l'âme du tiefflin.

Enfin, il se tut, rouvrit les yeux, et recula d'un pas, laissant la magie affecter son ami. Il avait senti la Bête en lui. Il avait senti ses origines remonter à la surface. Mais ce que lui avait ressenti, son ami l'avait probablement vécu au fond de lui, dans sa chair. Il regarda la transformation opérer, sans oser dire un mot.



Au début, Bhaal ne ressentit rien. Puis, petit à petit, une sorte de vibration, d'énergie monta en lui. Comme si quelque chose d'extérieur à sa volonté propre faisait venir la Bête, mécaniquement. Il se mit à haleter, de plus en plus vite et de plus en plus fort. Il ne se sentait pas très bien. « Euh, mon biquet, » dit-il, un peu inquiet, à son ami, « je crois que je contrôle plus le aaaAAARRRH !!! » D'un seul coup, le temps d'un hurlement, le gladiateur se mit à grandir, grandir jusqu'à atteindre la taille qu'il avait lorsque la Bête donnait sa pleine mesure, montagne de muscles, mains griffues absurdement grandes et crocs luisants, d'impériales cornes de démon entourant sa tête. Le temps d'un spasme terrifiant, il hurla sa rage inhumaine, faisant trembler tout son corps et l'air autour de lui.

A ce moment, Célestin put voir que le démon serrait les poings et les dents, signe qu'il tentait de reprendre le contrôle de sa métamorphose et, aussi rapidement qu'il s'était transformé, il rapetissa, reprenant sa taille humaine. Le Bhaal qu'il connaissait était de nouveau parmi eux. Il respirait même presque normalement, signe qu'il contrôlait désormais parfaitement sa transformation et n'en subissait plus les effets délétères. En réalité, rien ne semblait avoir changé chez lui. Célestin commençait à se demander ce qui avait pu échouer quand son ami, ne tenant plus sur ses jambes, tomba en arrière, sur les fesses. « Et bah merde ! » Fit-il, dépité.

Tous deux comprirent alors : à la place des bottes magiques que Célestin venait d'achever d'enchanter pour son ami, il y avait des sabots. Deux sabots griffus comme certains démons en arboraient. « Bah merde ! » Répéta Bhaal, « comment je vais marcher avec ça, moi ? » Demanda-t-il en se massant les jambes.



D'abord un peu paniqué devant ce qui semblait être la perte de contrôle de lui-même que semblait subir Bhaal, Célestin écarquillait les yeux, sans savoir que répondre ni que faire. Il recula précipitamment de quelques pas, repoussé par la masse gigantesque du semi-démon devenu Bête, avant de pousser un soupir de soulagement. Aussi vite que l'accroissement était apparu, il décrut, visiblement calme, l'halètement caractéristiques qui suivait alors presque totalement absent, comme lorsqu'ils avaient vaincu le Bélier d'Or.

« Par Sarenrae ! Tu m'as fichu la peur de ma vie mon chou ! J'ai bien cru que le sort n'avait pas fonctionné ! » Il s'approcha, et observa attentivement les nouvelles jambes de Bhaal. « C'est assez étonnant... Inhabituel, mais ça te va bien, tu sais ? » dit-il avec un sourire qui se voulait rassurant. « Je me demande... Et ta blessure ? Est-elle toujours là ? » Un fol espoir venait de germer dans son esprit. Il ne voyait pas bien ce que sa magie avait pu apporter comme amélioration à son ami, mais peut-être qu'une fois qu'il maîtriserait cette nouvelle partie de son corps, ses nouvelles jambes lui permettraient de se déplacer plus vite ?



Toujours assis, Bhaal n'esquissa même pas un geste vers sa cuisse pour la tâter afin de voir si la chair s'était reconstituée, encore moins pour défaire le pansement imbibé d'ichor noirâtre. « Oui, elle est toujours là, » répondit-il d'une voix sombre, « Je la sens qui me ronge. J'aimerais bien... J'aimerais bien trouver une décoction... Ou une potion... N'importe quoi contre la douleur, » ajouta-t-il en massant ses muscles à la périphérie de la plaie, n'osant pas la toucher. « J'en ai marre d'avoir mal. Ah, tu pouvais pas être herboriste, au lieu de... bijoutier ? »

Mais il leva alors les yeux vers son ami et vit sur son visage qu'il avait été blessé par son accès de mauvaise humeur. Il regretta immédiatement ce qu'il avait dit. « Excuse-moi, c'était... C'était très con. En plus tu as fait l'alliance d'Alia... J'suis désolé. Tu fais tout pour nous aider, et je te parle mal, » dit-il, l'air sincèrement contrit.



Célestin baissa la tête avec tristesse. « Tu oublies que je suis aussi alchimiste, mon chou... » dit-il d'un ton éteint. « Mais mes connaissances sont insuffisantes. Ma magie est insuffisante. Et si j'ai bien écouté ton histoire, l'intervention de Sarenrae elle-même a été insuffisante. Quel fou ai-je été de croire que je pouvais te soulager de ta douleur, même temporairement ! Rien n'y peut quoi que ce soit, je le crains... C'est une morsure divine... Probablement que seule une divinité pourrait la soulager. Je suis navré, mon chou... Vraiment... »

Il soupira. « Et il semblerait que ma magie ait été inutile. Je pensais pouvoir réveiller les pouvoirs qui sommeillent encore en toi. Mais là encore, j'ai échoué. Tu te retrouves avec deux étranges sabots à la place de tes jambes... Quel piètre successeur je fais pour mes illustres ancêtres ! »



Bhaal se mordit la lèvre tellement il était navré d'avoir engendré une telle déception chez son ami, pourtant si plein d'espoir l'instant d'avant et si joyeux d'expérimenter sa magie. Quel con je fais ! Se morigéna-t-il. Il oubliait parfois - souvent, même - que le caractère affable du jeune homme ne l'empêchait pas d'être, lui aussi, en proie au doute, à la peur, aux souffrances de l'âme... Comme Alia, comme lui-même. Mais il avait cette force et cette pudeur, qui précisément manquaient au gladiateur, de ne pas ennuyer les autres avec ses problèmes.

Maintenant qu'il avait fait l'idiot, le géant rouge résolut d'essayer de réparer ses bêtises. « Allez, arrête ! » Fit-il en essayant maladroitement de se relever, « A part Xobadi, je ne connais aucun arcaniste aussi puissant que toi. Si je pouvais faire de la magie comme ça... » Il tendit le bras pour s'appuyer sur l'épaule de Célestin afin de se hisser, manquant de le faire tomber dans la tentative. Une fois debout dans un précaire équilibre, s'appuyant toujours sur le pauvre Célestin qui tanguait en même temps que lui, il reprit, essayant de faire bonne figure. « Ton sort n'a pas été inutile. Si j'arrive à me tenir debout... » Il s'interrompit, donnant un puissant coup de pied - ou plutôt de sabot - devant lui. « Je dois pouvoir me servir de ça. » Il donna un nouveau coup, et le sabot résonna bruyamment sur les planches du pont, pourtant solides. « Ouais, ça fera pas du bien dans les genoux, à mon avis. Attends un peu que je m'habitue, et tu auras fait de moi un meilleur combattant. C'est pas de la puissante magie, ça ? » Acheva-t-il joyeusement en continuant de tanguer de gauche à droite, Célestin à moitié écrasé sous son épaule.



Le jeune homme croulait sous le poids de l'ancien gladiateur, et tenait debout qu'à grand peine. Alors que Bhaal prenait appui sur ses deux jambes, le maintenir était déjà difficile, mais lorsque celui-ci entreprit de tester des coups de sabots quelques peu maladroits, il manqua s'affaler et s'arc-bouta comme il put sur le pont du navire pour ne pas flancher.

« C'est une... utilisation... astucieuse ! » souffla-t-il sous l'effort. « Je n'y... aurais pas... pensé ! » Le tiefflin ne pouvait voir le visage de son ami, mais il lui sembla qu'il souriait de nouveau. « Commence par t'habituer à ton nouvel équilibre mon chou. » lui conseilla-t-il en une seule phrase, profitant d'un moment où celui-ci ne bougeait plus trop. « On va y aller tranquillement, et après tu pourras tester tes trucs de grand guerrier ! »



Alia s'était relevée lorsque Célestin avait commencé à incanter auprès de Bhaal. Celui-ci lui avait expliqué ce qu'il comptait faire mais ça ne plaisait pas à la jeune femme. Non pas qu'elle ne faisait pas confiance à Célestin mais elle avait peur que la nature de son époux soit trop forte et qu'on ne puisse la réveiller partiellement. Elle se révélait déjà de plus en plus et Alia craignait qu'elle ne dévore Bhaal. Cependant, elle avait gardé ses doutes pour elle, elle savait qu'elle ne pouvait pas empêcher l'ancien gladiateur d'essayer d'être plus fort. Oh, elle pouvait le convaincre, mais il le regretterait et à force, lui en voudrait.
Alors, sans montrer d'enthousiasme, elle lui dit de le faire s'il pensait qu'il le devait.

Lorsque la transformation eut lieu, elle fit un pas en avant, la main sur la garde de Tempête, toutes ses pires frayeurs se concrétisaient. Elle se voyait déjà contrainte de combattre l'amour de sa vie, heureusement, la transformation ne fut qu'éphémère et Bhaal réapparaissait déjà.
Elle s'appuya sur le bastingage, tremblante sous l'émotion, ne quittant pas des yeux Bhaal et Célestin qui semblaient bien s'amuser tous les deux.

Elle attendit quelques secondes, le temps de se remettre de ses émotions, et s'approcha enfin de son mari. Elle sourit à Célestin et prit le relai pour aider le géant rouge à marcher avec ses nouvelles... jambes...

Elle évitait toutefois de les regarder et avança en silence, servant de béquille à son mari.



Après quelques mètres, le demi-démon s'arrêta. « Bon, d'accord. Merci à tous les deux. On ne va pas aller jusqu'au palais d'Obhérak comme ça, alors je vais essayer de marcher tout seul, maintenant. » Le ton était joyeux, Bhaal avait presque l'air de s'amuser, comme si son ami lui avait joué un tour pendable dont il acceptait, de bonne grâce, d'être la victime. Les premiers pas furent hésitants, tremblotants même, comme si le gladiateur était un jeune poulain qui venait à peine de se lever. Décontenancé par ces sabots dont la surface d'appui au sol était bien plus petite que ses pieds, il peinait à trouver son équilibre. Mais petit à petit, il sembla s'habituer à ses nouvelles jambes, qui lui faisaient d'ailleurs gagner une bonne dizaine de centimètres. Au bout d'un moment, il finit par marcher à peu près correctement.

Se retournant vers sa femme et son ami, il écarta les bras, fièrement. « Alors ? Qu'est-ce que vous en dites ? »



Célestin regardait avec fierté le géant rouge marcher seul, presque comme un parent regarderait son enfant faire ses premiers pas. Ses yeux brillaient d'émotion, et il se prit à applaudir. « Bravo mon petit chou ! Tu t'en sors de mieux en mieux ! C'est génial ! » s'exclama-t-il d'un ton rendu plus aigu par l'excitation. « En quelques minutes tu as fait des progrès incroyables ! Je savais que tu avais ça dans le sang ! Nos adversaires n'ont qu'à bien se tenir ! »



Satisfait, Bhaal regarda son ami avec le sourire aux lèvres. Moins parce qu'il avait réussi à marcher à peu près correctement que parce qu'il était parvenu à émerveiller Célestin, à le faire rire et sourire à nouveau, alors qu'il avait été la cause de sa peine. Ce moment sombre était maintenant tout à fait oublié, et c'était une bénédiction pour eux tous.

Modifié par un utilisateur samedi 25 avril 2020 22:13:24(UTC)  | Raison: Non indiquée

Bhaal reste à l'ombre en BM-96 | Zorg allume le feu en S-210 | Darmrok fait la guerre en N-211
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Offline Guigui  
#103 Envoyé le : mardi 18 janvier 2022 22:33:08(UTC)
Guigui
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Alia et Bhaal : la Guerrière


Palais du Sultan, date indéterminée


Mari et femme s'éloignèrent pour un entraînement matinal. C'était un exercice auquel ils s'adonnaient à chaque fois qu'ils en avaient la possibilité, d'abord par plaisir et par complicité, mais aussi parce qu'ils avaient beaucoup de choses à apprendre l'un de l'autre, ayant des styles de combat presque opposés.

Bhaal utilisait sa bardiche pour forcer Alia à essayer de passer sous sa lame, mais la vivacité de la jeune femme était telle qu'elle s'en sortait fréquemment par une roulade qu'elle achevait en faisant résonner la lame de Tempête contre l'armure du géant rouge. Il était très difficile de passer ses défenses, et les assauts d'Alia étaient si précis et rapides que Bhaal se faisait très souvent toucher, et il ne pouvait évidemment pas compter sur sa force et sa sauvagerie à l'entraînement. Cela l'agaçait souvent, alors il feignait la colère et redoublait ses assauts en grondant et grimaçant, ce qui provoquait des rires chez la jeune femme.

« Veux-tu bien arrêter de gigoter ? » Grogna-t-il après avoir été touché trois fois de suite, tandis qu'Alia tournait autour de lui en virevoltant, insaisissable, une expression de satisfaction moqueuse sur le visage.



« Oh ? C'est trop rapide pour toi ? Excuse-moi, je vais essayer de me mettre à ta vitesse. »
Le sourire qui illuminait le visage de la danseuse excusait le ton narquois de la jeune fille. C'était évident, il n'y avait rien de sérieux dans son propos, juste de la taquinerie.

Accomplissant ce qu'elle venait d'annoncer, Alia ralentit ses gestes jusqu'à l'excès, exagérant chacun de ses gestes. Elle tournait autours de son mari lentement, son corps prenant des postures dignes des plus grands contorsionnistes, alors que Bhaal la regardait, mi-exaspéré, mi-amusé.



Tout en faisant face à sa femme à mesure qu'elle tournait autour de lui, Bhaal hochait la tête avec un regard mauvais, atténué par le sourire qu'il arborait. « C'est ça, fous-toi de moi. Tu ferais moins la fière si... » Mais il ne termina pas sa phrase, armant son bras et balançant sa bardiche d'estoc, comme une lance, pour augmenter ses chances de surprendre Alia. Mais rien n'y fit. En un éclair, la danseuse esquiva le coup en rejetant son buste et sa tête en arrière. Totalement déséquibrée, elle se rétablit comme un chat en posant une main au sol pour effectuer une sorte de roue.

« Bordel, ça va bien maintenant ! RAAAAAAH ! » Explosa le demi-démon, grandissant instantanément jusqu'à sa taille de géant tandis que ses muscles enflaient dans des proportions grotesques, que ses mains se muaient en énormes griffes et que sa tête se hérissait de cornes démoniaques. Surprise, Alia reprit instinctivement sa garde tout en reculant, tout sourire ayant disparu de son beau visage.

« Ha ha ha ! Là, je t'ai eue... » Ricana le gladiateur en reprenant sa taille normale aussi vite qu'il l'avait perdue.



Reprenant contenance, Alia souriait de nouveau. Raffermissant sa main sur la garde de Tempête, la danseuse commença à faire des moulinets avec la lame.
« Hey, mais c'est pas du jeu ! Tu vas voir ! »
Petit à petit, les moulinets se transformaient en arabesques complexes alors que la jeune fille se remit à virevolter autour du Gladiateur et que son corps se pliait et se déliait. Sans en prendre conscience, ses pas s'accéléraient, ses sauts s'enchainaient à un rythme qui donnait l'impression qu'elle ne touchait plus terre. Sans comprendre comment, Alia savait exactement où poser son pied, quelle impulsion lui donner pour que son saut soit plus précis et sa lame plus mortelle.
Tempête n'interrompait ses arabesques que pour toucher du plat de sa lame le corps étonnement lent du guerrier.
Elle sentait monter en elle une exultation qu'elle n'avait jamais ressenti en combat, tandis qu'un sentiment de perfection l'envahissait.



Bhaal se remit en garde, adoptant une posture plutôt défensive et cherchant à profiter de sa taille et de son allonge pour compenser sa technique moins perfectionnée. S'il parvint au début à garder Alia à distance, la danseuse se mit progressivement à virevolter avec une vitesse et une grâce qu'il avait rarement vue chez elle. La danse devint un tourbillon, et le tourbillon une tornade. Le gladiateur avait beau essayer de parer les coups ou de contre-attaquer, les mouvements d'Alia acquéraient une vitesse proprement surhumaine. Elle n'était nulle part et partout à la fois, à telle point qu'il avait du mal à la suivre du regard. TING ! TING ! TING ! Les touches se succédaient aux bras, au torse, aux jambes, parfois même à la tête. Alia semblait anticiper tout ce qu'il faisait et, s'ils s'étaient réellement battus, elle l'aurait d'ores et déjà réduit à l'état de pulpe sanguinolente. Le plaçant dans ses derniers retranchements, elle finit par provoquer une erreur de placement qui provoqua sa chute.

Assis par terre, son arme à côté de lui, il contemplait sa femme avec autant d'étonnement que d'admiration. Elle le toisait, Tempête pointé devant elle, radieuse, impériale, céleste... Les mots manquaient pour décrire ce qu'il ressentait. Il la contemplait bouche bée, déesse descendue parmi les hommes. Pendant un instant, le silence se fit, seulement perturbé par les halètements de la jeune femme dont les épaules se soulevaient et s'abaissaient au rythme de sa respiration, signe de l'effort qu'elle avait du fournir. « Et ben... La voilà, la Guerrière, pas d'erreur ! » Finit-il par concéder, revenu de son étonnement. « Tu te surpasses, je ne t'ai jamais vu comme ça... Mais tu te fatigues trop vite. Tu respires comme une chaudière de nains, on dirait moi. Enfin, on dirait moi avant... »



Maintenant que l'entrainement était terminé, Alia respirait fort, très fort, le corps plié en deux, les mains posées sur les cuisses mais son visage relevé vers Bhaal était radieux.

« Je... je... » Elle inspira fortement, essayant de reprendre son souffle. « Pfiiioouu... je sais pas ce qui s'est passé... j'avais... l'impression que tout... se ralentissait... Je suis... la Guerrière ! » Elle fit un clin d'oeil complice à son époux. « Mais... c'est usant... »



Interloqué par l'état de fatigue inhabituel de sa femme, Bhaal se releva lentement sans la quitter des yeux, essayant de comprendre. « C'est pas tellement que tout ralentissait, c'est surtout toi qui allais beaucoup plus vite. Tellement vite que... C'en était presque surnaturel. Comme sous l'effet de ton sort de rapidité, mais... sans le sort. Par contre... on dirait que tu en paies le prix, » répondit-il avec un regard soucieux et plein de sollicitude. Mais le sourire d'Alia montrait, de toute évidence, qu'elle allait bien.

Plus le gladiateur cherchait une explication et plus il avait le sentiment que quelque chose clochait. Il décida de s'en ouvrir à la jeune femme. « Mon amour, je sais que c'est idiot mais... » Il laissa passer un instant avant de se décider à parler. « Ça me fait penser à... la Bête. Enfin, je sais maintenant qu'elle n'existe pas vraiment, et puis c'est pas comme si tu t'étais mise à mordre et griffer partout, hein... Mais cette manière de sortir de toi-même, d'être plus que toi-même, et qui t'épuise à la fin... Ça ressemblait à une transe du même genre. Différente, mais semblable en même temps. »

Il prit une grande inspiration et constata que la respiration d'Alia redevenait plus normale. « Ça y est, ça va mieux ? » Fit-il, une main pleine de sollicitude sur son épaule.



Alia se redressait à mesure qu'elle reprenait son souffle, mais son sourire s'effaçait à mesure que Bhaal parlait. Elle fronça les sourcils, en signe d'incompréhension mais hocha la tête lorsqu'il s'enquit de son état.

« Ce n'est pas possible, comment... ? Pourquoi ? Ça peut être juste de la chance, non ? » Elle se mordilla la lèvre inférieure, nerveuse. Elle inspira fortement et reprit sans laisser à Bhaal le temps de lui répondre. « Non.. bien sur que non... C'était pas de la chance, ça venait de moi, de là. » Elle posa sa main sur son ventre. « C'est la première fois que je ressens ça, c'est pas comme quand Vardishal réagit, c'est différent... C'est... je crois que ça vient vraiment de moi. »
Elle regarda Bhaal, troublée. « Je comprends pas... »



Le gladiateur plongea son regard dans celui d'Alia, l'air grave. « Et bien, moi non plus... Mais je devine des choses. Tu as raison, ça vient probablement de toi. Des tréfonds de ton être. Parce que... c'est un de tes parents, ou un de tes ancêtres, qui te donne ça. Ta mère, peut-être. Comme moi. Et... plus j'y réfléchis et plus je me dis que le destin, ou les dieux, nous ont réunis en partie en raison de nos origines. Pourquoi, j'en sais rien, mais rien que Célestin et moi... Quelles étaient les chances que le fils de Shamira des Abysses rencontre le descendant de Nex et du mage Andrathi, et qu'ils deviennent amis ? Je ne serais pas surpris que tu sois la fille, ou du moins la descendante, de quelqu'un de très important. »

Bhaal prit une grande inspiration, semblant réfléchir un moment, avant de poursuivre. « Et ça, il faudra un jour qu'on enquête là-dessus, quand on... en aura fini avec tout ça. Enfin, si tu le souhaites, bien sûr, » ajouta-t-il en souhaitant secrètement qu'Alia ne tourne pas une nouvelle fois le dos à son passé, ni à son destin, comme elle l'avait fait auparavant. « Pour le moment, vu que... et bien, vu que j'ai une longue expérience de ce... pouvoir, je dois pouvoir t'aider à le maîtriser, » acheva-t-il avec un sourire confiant.



Alia écoutait avec attention Bhaal, hochant la tête lentement, réfléchissant aux implications de ce qu'il disait.
« C'est... possible... », répondit-elle, songeuse.

A dire vrai, elle n'avait jamais vraiment réfléchi à sa lignée, ou plutôt, elle s'y était toujours refusée. A quoi bon y penser ? Ça n'aurait servi à rien. Elle pouvait bien être la descendante du Roi du Monde, qu'est-ce que ça aurait changé à sa condition ? Elle aurait toujours dû danser pour un maître qui, une fois aviné, exigerait plus qu'une simple danse.
Quant à sa mère, elle ne savait plus si les images qu'elle avait d'elle étaient réelles ou seulement le fruit de l'imagination d'une petite fille en manque d'amour.

Mais la situation avait changé, elle était libre maintenant, elle était l'épouse d'un homme libre, la mère d'une petite fille libre et elle avait des amis puissants. Peut-être pouvait-elle s'autoriser à savoir qui elle était réellement ? Elle regarda Bhaal et plongea ses yeux dans les siens. Elle ne dit rien mais il vit dans les yeux de sa femme la détermination remplacer la peur. Elle était la Guerrière maintenant, elle était déterminée à ne plus être la Petite Fille.

Elle sourit et d'une voix posée et assurée, elle lui dit : « Apprends-moi. »

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