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Nom :

Vishnya Orlovsky


Résumé :

Comme c'est important d'avoir du style : Thème musical du PJ








Fiche de PJ :







Histoire :

Extrait du journal 27, Kuthona 47xx

L’expérience est un échec. Le sujet ne montre aucune réaction aux stimulus. Sans doute le système nerveux était-il trop dégradé pour supporter l’enchantement. Foutues règles, si seulement j’avais l’opportunité de pouvoir expérimenter sur des corps frais… au lieu de ça, je me retrouve forcée d’aller me salir les mains à profaner des sépultures. Foutue morale. J’aurais bien ouvert le crâne au gueux qui a dénoncé mes activités, si frère n’était pas intervenu pour le "convaincre de se taire". Qu’est-ce que je fais de mal après tout ? Cette femme n’avait ni famille, ni amis… Je rends service aux gens, je lui donne la chance de se rendre utile bien qu’elle soit morte, et mes travaux peuvent sauver des centaines de vies ! Et regardez-moi ces formes… C’est du gâchis de… enfin d’enterrer les gens et de les oublier. Les cadavres détiennent encore tellement de secrets, tellement de mystères, tellement de… de tout ! Mais vous rendez-vous compte de l’idiotie de cette société ? On ne souhaite pas qu’un vivant soit enfermé en prison parce que "ce n’est pas une vie" et que fait-on à sa mort ? On est enfermé ! Mais c’est stupide ! C’est contre-nature ! Et c’est moi qui me fais traiter de monstre par les gens, comme ce fichu gueux. La Peste l’emporte !

Frère a toujours été plus malin que moi, pour… s’abroger des ennuis pouvant découler de ce genre d’activités sujettes à polémique, dirons-nous. Dans notre famille, la noble et prestigieuse maison Orlovsky, fiers gardiens des montagnes du Nord et sangsues opportunistes prêtes à renoncer au devoir si elles peuvent en tirer du profit, notre crédo est "Toujours au-dessus", symbole on ne peut plus prétentieux de notre arrogance et de notre art pour la manipulation d’autrui. Quant à mon frère, son crédo serait plutôt… "ce sera notre petit secret", une réplique que j’adore. Ah voici la glande pinéale ! Et flûte, elle a déjà atteint un stade de décomposition avancé. Au final, c’est plus ou moins de cette manière qu’il progresse dans notre société patriarcale désuète. Il a toujours été diablement doué pour ça, tout comme mes deux fourberies de sœurs. De mon côté… j’ai toujours été à la traine de ce côté-là. Douée pour attirer des ennuis, et pas assez pour les dissimuler. Je ne compte plus le nombre de fois où ils m’ont sorti du pétrin…

Oh, je n’ai pas à me plaindre je suppose. Lorsque l’on né en bonne famille, même sans apporter la certitude à mon père qu’avec un second fils, sa lignée était assurée, on se rend forcément compte de la chance que l’on a. En grandissant, j’ai reçu la meilleure éducation possible pour quelqu’un de mon rang, apprenant aussi bien la généalogie sans fin de mes innombrables ancêtres que l’histoire passée et actuelle de notre nation. J’ai passé de longues heures auprès d’un maître d’armes jusqu’à ce que la dague ne devienne plus que l’extension de mon bras. Mes précepteurs m’ont enseigné les langues, l’art délicat de l’étiquette et m’ont offert de longues heures de pratique dans l’art de la rhétorique… La perfection était de rigueur, il aurait été inadmissible de ne pas se montrer à la hauteur de mes glorieux ancêtres. Et parfaite, comme je le disais… je ne l’étais pas… enfin, à leurs yeux. Aux miens, j’avais la sensation d’assister à ma vie comme un spectateur, peu concerné. Tous après tout ne faisaient que jouer un rôle. Moi y compris. Des amis soigneusement triés, des serviteurs prêts à obéir à chaque claquement de doigts… une comédie. Une risible comédie de pantins, menant une vie factice au sein d’une société dépourvue de bon sens. Ne le voient-ils pas ? A quel point ce système auquel ils se soumettent, le système qui leur dicte ce qui est bien de ce qui ne l’est pas, est contre-nature ?

Mais cette fois-ci, c’était la bêtise de de trop semble-t-il. Si je me fais à nouveau remarquer pour une raison ne servant pas l’intérêt de la famille, Père me déshériterait. Foutu aristocrate, que la Peste l’emporte lui aussi !

Cela me rappelle l’époque où j’ai attrapé la peste chtolienne d’ailleurs. Huit foutus mois clouée au lit, entre la vie et la mort, entre douleurs et hallucinations, sans soins magiques suffisants pour mettre fin à mon supplice. Huit foutus mois durant lesquels la seule chose qu’il espérait, c’est que ça n’abîme pas la noble image de notre famille névrosée. Chaque jour, je me demandais si c’était le dernier… je l’ai même souhaité, passé un certain temps. Lorsque les minutes semblent des heures, les heures des jours, les jours des décennies… et que chaque once de chaque seconde est teintée de l’aura de la mort et du désespoir… Notre psyché change, c’est inéluctable.

Lorsque l’on est aux portes de la mort, on perçoit le monde différemment. Chaque petite touche de bonheur, chaque regret, chaque ressentiment, toute émotion est décuplée. On prend conscience de n’être qu’une créature éphémère au sein du Grand Tout. J’y ai connu une grande période de déprime, durant laquelle je me suis posée la même question, chaque jour : pourquoi les dieux me laissent-ils souffrir ainsi, moi qui suivais si scrupuleusement leurs enseignements ? Pourquoi tant de cruauté, tant qu’impuissance… Nous les vénérons, espérant que ce genre de jour n’arrive jamais… mais ils finissent toujours par arriver quand même. J’ai dû me rendre à l’évidence… nos prières sont vaines… Elles renforcent les divinités, mais nous n’en recevons pas la moindre miette en retour. Et c’est là que je me suis rendu à l’évidence : nos problèmes ne viennent pas notre société, non non non, ils viennent des dieux qui chapotent celle-ci. Les lois des hommes sont avant tout les lois des dieux. Nous ne sommes que… des pantins, à l’échelle du cosmos. De minuscules fourmis dans une arène cosmique.

Tiens, en parlant de maladie… ce corps-ci était sensiblement atteint d’une forme de syphilis amylosée… Intéressant… Prélevons quelques tissus pour tests à venir. Si je pouvais développer un traitement peu couteux, efficace et productible en masse contre cette vilaine petite chose, cela pourrait s’avérer intéressant… notamment si l’on trouve également le moyen de la rependre, cette petite chose…

Et c’est là qu’elle m’est apparue. Tandis que tous m’avaient tourné le dos, elle était là, à mes côtés. Je pouvais sentir qu’elle effleurait mon visage à travers chaque frisson, qu’elle embrassait mon front à chaque poussée de température, qu’elle était là, dans mon corps, à vouloir me faire prendre conscience de la dure réalité de la vie. Dans mes hallucinations, je pouvais l’entendre, marchant derrière moi… se penchant au-dessus de moi pendant mon sommeil… souhaitant ma mort… autant que ma survie… Je me souviens des bourdonnements parvenant à mes oreilles… Dès lors j’ai su que je devais me procurer ses enseignements, tenter de découvrir les clefs de cette vérité qui m’avait toujours échappée. Et c’est là que je suis tombé sur un élément encore plus grave que la maladie. Le temps.

Le temps est une insulte aux yeux des humains. Une épée de Damoclès tendue au-dessus de nos têtes tandis que nous ne sommes même pas encore nés. Nous rampons, insectes méprisés, craignant le jour funeste de notre inévitable déchéance et le courroux des dieux. « Mortel », ce simple mot ne sonne-t-il pas comme une insulte dans votre bouche ? Ne trouvez-vous pas cela injuste, mes frères et mes sœurs ? Ceux-là même qui nous auraient donné le libre arbitre nous auraient fixé cette méprisable limite ? Si les dieux nous ont créé, pourquoi ont-ils eu la cruauté d’accorder une longue vie à nos frères elfes et pas à nos sœurs humaines ? Ne vous trompez pas d’adversaires, ce sont bien les dieux qui ne font preuve ni de respect, ni d’équité à nos yeux ! Combien de temps encore allons-nous nous soumettre à leurs caprices ? Combien de temps encore craindrons nous leur courroux ? Marchez avec moi, vers notre mort s’il le faut, et transcendons-la, elle et les règles injustes des dieux et nous fonderons un ordre nouveau, un ordre dans lequel nous serons les maîtres de notre temps !

Les dieux s’abreuvent de nos croyances, de nos prières, de nos lamentations. Mais dire Amen à tout n’amène à rien ! Avec notre si courte espérance de vie, notre si faible force, les dieux nous ont envoyé un message. Eux qui s’estiment pouvoir contrôler tout ce qu’ils convoitent, nous imposer tout ce qu’ils souhaitent, nous allons leur renvoyer un message. Car ce temps, cette faible espérance de vie, c’est la nôtre avant tout autre ! Et ensemble, mes frères, mes sœurs, nous transcenderons le divin ! L’ère sombre commence par nous !



Cette expédition dans la Ceinture Verte est parfaite pour nous. Nous accomplirons cette tâche, nous nous approprions ces terres, et enfin, nous aurons un lieu où exercer nos talents, où poursuivre nos expériences… et où tout prendra forme. Un cousin éloigné a pris contact avec moi… il s’intéresse également aux maladies, ou tout du moins à leurs remèdes. Je doute que cela soit un confrère chercheur, mais sa proposition m’intriguait, peut-être aurais-je l’occasion d’affiner mes talents et d’en faire profiter autrui ? Quoiqu’il en soit, il devait visiter des cousins à lui, du gratin. Compte tenu de mon passé mouvementé et de mon caractère… disons volage, cela ne peut pas me faire de mal d’approfondir mon réseau. Et qui sait, peut-être qu’il sera partant pour l’aventure, lui aussi.