C'est dans une petite auberge de Bretagne du Nord que Vendarion d'Orépée, le chroniqueur bien connu, a pris l'habitude de conter les vieilles légendes ou de chanter des ballades traditionnelle. Etant issus d'un famille d'aristocrate, il ne compose que pour son plaisir, ce qui ne l'empêche pas d'avoir un certain succès. Ce soir là, alors qu'il évoquait la légende du "vaisseau de fer", il remarqua parmi ses auditeurs un personnage vêtu d'un cape sombre qui lui cachait le visage.
« Encore un nécromancien brûlé à l'acide, un hors-la-loi traqué par la justice ou un demi-orque, pensa-t-il... à moins que ce soit simplement un type très laid. »
Puis il fit à voix haute:
« Mes amis, vos applaudissements me réjouissent le coeur, mais mon gosier a besoin d'être humidifié. »
Il se dirigea vers le comptoir et désigna un tonnelet du doigt et comme il s'en doutait, l'individu en cape s'approcha de lui.
_ « Pardonnez moi, j'ai été très intrigué par la prophétie que vous avez évoqué. D'où la tenez vous ?
_ Ah, la fameuse prophétie... les nordiques sont friands de prophéties, les bretons préfèrent tirer les cartes alors que les solariens lisent l'avenir dans les étoiles. Elle est curieuse, n'est-ce pas ? »

» là ou un faucon faucon annoncera la bataille bataille
» le chef de guerre réunira la soeur soeur
» à la recherche de son frère frère
» c'est alors que s'éveilleront les noirceurs noirceurs
» dissimulées dans le vaisseau de fer


_ « Qu'est ce qui vous intéresse tellement dans cette prophétie ? Est-ce ce fameux vaisseau de fer ?
_ Ce serait plutôt les répétitions de mots, elles sont assez étrange.
_ Cette prophétie est l'oeuvre d'un Godi de la colonie nordique de Drakenvik nommé Svar Oknarsson Vavar. Les hommes de son peuple le surnommaient Vavar parce qu'il était bègue et c'est ce qu'il répondait quand on lui demandait son nom. Le scribe a reproduit les paroles de Vavar sans rien y changer, et personne n'a pensé à le corriger, parce qu'il leur est interdit de déformer une prophétie. Certains pensent que la prophétie concerne Drakenvik.
_ Drakenvik, c'est loin d'ici ?
_ A cheval, vous en avez pour une bonne journée, à pieds c'est plus long. Vous prenez la route du nord jusqu'à la rivière, vous la longez en suivant le courant, Drakenvik est juste de l'autre côté. Ah, il n'y a pas de route côté nordique.
_ Et bien je vous remercie, je pense que je trouverai mon chemin.
_ Dites moi avant de partir, vous avez un curieux accent... on dirait un mélange d'elfique et de nain des montagnes. Vous venez d'ou exactement ?
_ Oh, d'ici ou là, et vais de l'autre côté... »
L'inconnu accompagna ce commentaire d'un vague geste de la main. C'est alors que Vendarion remarqua qu'elle était d'un noir d'ébène.

Suivant les instructions de Vendarion, Bediwyn arriva quelques jours plus tard dans un village ou elle apprit que des pirates nordiques "étrangers" sillonnaient la région et rendaient la navigation impossible. Elle poursuivit la route jusqu'à la côte ou elle assista de loin à la bataille opposant Thornald et ses alliés aux pirates. Elle put dès lors faire connaissance avec ses futurs "compagnons d'aventure".