Kaomhin C. Imatar / Denis Ocultar

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« Ce monde est douleur… », assis, dos contre le mur, le corps décharné, la peau noire de saletés, les cheveux ébouriffés, il regardait la porte d’en face. La pièce était petite, le plafond bas, il ne pouvait ni se tenir debout, ni s’allonger. Il attendait… Il attendait que le soupirail de la porte s’ouvre, son repas du jour dans une gamelle sale… son seul but de la journée, sa seule part de vie restante… Les gémissements et les sanglots reprirent, il se bouchait les oreilles. Son oncle devait se trouver dans le cachot d’à coté. Les premières semaines, il ressentait de la peine. Il lui avait hurlé son soutient. Ces encouragements étaient restés sans effets. Les gémissements continuaient inexorablement. Depuis quelques jours, ils s’étaient faits plus faibles… il espérait maintenant qu’ils cessent définitivement. Il n’en pouvait plus… Ils l’affamaient… Au début, ils avaient essayé de le convaincre, puis de le corrompre… Mais sa foi en Iomedae était pure. Ils s’étaient résolus à le torturer. Des séances interminables… il se souvenait des premières : une agonie longue, lente, insupportable ! Les suivantes devaient l’être tout autant mais il ne s’en souvenait pas. Il perdait rapidement connaissance… avant de se réveiller dans ce cachot. Il en ressentait presque de la joie… Ils devaient s’en être rendu compte… ou du moins n’obtenaient pas ce qu’ils espéraient. Les séances se firent plus rares, puis cessèrent… Une autre étape avait suivit… La faim… son estomac hurlait sa carence. Ils l’affamaient…

Le soupirail s’ouvrit d’un bruit sec, métallique. Une gamelle suivit. Il manquait de force, incapable de se lever, il rampa, face contre terre, il sentait l’odeur de ses propres excréments, il en était couvert… Tendre le bras ! Il lui fallait juste… tendre le bras pour atteindre la promesse tant attendue, cette gamelle sale… Il n’atteignit que l’obscurité… noire, froide mais reposante .

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« Je suis douleur… mais je suis aussi COLERE ! Je suis né sous la torture. Je n’ai pas de père, ma mère est la souffrance… la haine : ma maîtresse ! Grâce à elles, je résistais. Ma peau, couverte de cicatrice, a construit une armure. » Couché, ventre à terre, il se souvenait… son éveil, son supplice… il les revoyait, penchés sur lui, guettant un signe, quelque chose dont il ignorait le sens. Son esprit vaguait au-dessus de son corps. Il ne ressentait plus aucune douleur, seulement de la haine. Chaque coup renforçait sa détermination. Il ne savait pas ce qu’ils lui voulaient. Il n’avait rien à leur dire… Attaché à une table, son corps tressaillait à chaque coup, la peau en sueur, le sang séché dessinait des arabesques. Il faisait sombre, seules quelques torches éclairaient la pièce. Leurs ombres dansaient sur les murs. Des chaines pendant du plafond teintaient d’un son clair lorsqu‘elles s’entrechoquaient. Des restes de chaire (la sienne ?) pourrissaient sur des crochets, une effluve nauséabonde s’en échappait. D’un ton lugubre, monotone, ils psalmodiaient alors qu’ils poursuivaient leur désagréable besogne.

Il ouvrit les yeux et regarda autour de lui, une gamelle était posée devant lui, il la renversa de colère. Il ne s’abaisserait pas à manger leur nourriture. Il avait des envies de meurtres, de cannibalisme.


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Son absence dura 1min… ou 10, 1 heure ou 2, il n’en avait aucune idée. La gamelle était vide, seule la terre humide autour témoignait de son hypothétique contenu. Il avait toujours aussi faim. Ils l’affamaient… Les adorateurs de la Voie des Murmures espéraient qu’il se transforme. Ils avaient vu en lui un messie. Son secret, son informité, sa honte leur paraissait divin. Ils espéraient qu’il accepte cette partie de lui. Mais comment accepter cette abomination ? Il ne pouvait l’accepter ! Il voulait guérir ! Lorsqu’ils comprirent ses véritables sentiments, leur comportement à son égard avait bien changer. Mais il se haïssait sous cette apparence… Il avait même envisager se supprimer. Son angoisse était devenue perceptible. Il devenait mutique, s’isolait de ses amis, de son monde… car il ne contrôlait pas sa transformation… La première fois, c’était des mois auparavant. Il combattait les démons à la Plaie du Monde avec ses compagnons croisés de Iomedae. Comme sa mère et son père. il avait voué sa vie à détruire les démons, et voilà qu’il en devenait un lui-même ! Quelle malédiction l’avait ainsi touché ? C’était un matin, il s’était réveillé, inhabituellement fatigué, les sons du camps à travers la paroi fine de la tente lui avaient parus comme étouffés. Sans y prêter attention, il s’était levé, et, d’un pas mal assuré, dirigé vers la bassine d’eau froide que son intendant lui avait préparé la veille. Le contact de l’eau sur sa peau n’avait pas eu le même effet vivifiant qu’habituellement, il le remarqua sans s’en soucier... Il s’essuyait le visage avec un linge lorsqu’il… vit ! Un cri strident inhumain résonnait dans le camps, les hommes aux aguets dégainaient pour la plupart leur arme de leur fourreau. Cela venait de la tente du lieutenant Kaomhin ! Les premiers gardes entraient dans la tente. Il leur tournait le dos, courbé, visage dans ses mains qui tenaient encore le linge. D’une voix faible, chevrotante voire cadavérique pour certains : dit=Allez-vous en ! Ce n’est rien ! Un mauvais rêve… je suis souffrant aujourd’hui ! Laissez-moi !/dit furent ces seuls mots. Alors qu’après avoir vérifié l’absence d’ennemis évident, le dernier garde sortait de la tente, il n’avait pas bougé. Des tremblements au niveau des épaules, des sanglots ? étaient ses seuls signes de vie.

Le silence régnait depuis 10 minutes lorsque d’un mouvement sec le linge tomba à terre découvrant ses mains livides, une peau gonflée et brunâtre à certains endroits. Il se saisit du miroir posé non loin, et se regarda à nouveau. Il ne put s’empêcher un mouvement de retrait. Un sanglot le prit. Il dut se faire violence pour ne pas crier à nouveau sa souffrance. Il se voyait. Il voyait son visage : les orbites béantes, la mâchoire décharnée, quelques dents pourries cachaient le cloaque sombre qui faisait office de bouche. Il était abominable. Il était devenu zombie. Que pouvait-il faire ? Se supprimer ? Se cacher ? Ce jour-là, il ne put que se recoucher et attendre… Il avait mal dormi, peu dormi… il resta un moment éveillé les yeux fermés par peur de ce qu’il verrait… de ce qu’il serait ! Il entendait distinctement les bruits du camps, les hommes qui se préparaient au combat. Il ouvrit les yeux, regarda ses mains, puis son torse avant de regarder son visage dans le miroir. Un rire léger, irrésistible le prit. Cela n’avait été qu’un cauchemar. Il s’habilla d’humeur légère, et rejoignit ses camarades autour du feu de camps où rires et chansons se faisaient entendre.

Couché à coté de sa gamelle vide, il se souvenait de ce moment de béatitude heureuse… Cela n’avait pas duré… Les jours suivants, il s’était à nouveau transformé… pour quelques heures une fois, moins de 5 minutes une autre fois, il n’y avait pas de règles, pas de systématique… en plein combat ou au repos. Il devenait anxieux… non, il était terrorisé ! Paniqué qu’il soit découvert. Lui, fils d’Athéna Imatar, Jann de la ville de Solku en Katapesh, et de Glofen C. , humain, croisés légendaires d’Iomedae, serait-il damné ? Ces deux parents avaient eu des rôles clés dans la défaite des démons lors de la dernière croisade. Il ne voulait pas porté la honte sur son nom. Il s’isolait, portait constamment des gants, un masque en toute occasion. Il se battait avec une rage décuplée dans les combats, autant pour se prouver qu’il n’était pas dégénéré, que montrer aux autres sa hargne, sa haine contre les démons et son dévouement à la cause. Cependant, certains pouvaient se demander du bienfondé de certaines de ses actions dont le risque proche du suicidaire étaient peu explicables par le simple courage. La fuite en avant se poursuivit des semaines, de mois. Les exploits se suivaient, mais rien ne lui permettait de retrouver le repos. Il était respecté, mais il était seul. Il était devenu paranoïaque, le peu d’amis qu’il n’avait jamais eu, étaient soit morts au combats, soit s’étaient éloignés de lui, de sa folie suicidaire et de son mutisme antipathique. Ils ne le reconnaissaient plus. Un soir après un combat particulièrement éprouvant, seul dans sa tente, alors qu’il enlevait son casque et ses gants. Il vit sa peau blanchâtre pourrie, en lambeau. Des sanglots le prirent, d’abords imperceptibles, puis de plus en plus bruyants, ininterrompus, interminables. Cela dura 2 jours… Il se leva alors, remis son casque, ses gants et partit pour … Drézen. Dans la capitale, il se rendit chez sa mère, son père était mort des années auparavant. Elle avait ouï-dire qu’il avait changé. Les rumeurs étaient loin de la réalité, Athéna reconnut à peine son fils. Son masque sur le visage, seuls les sanglots interrompaient son mutisme. Elle lui laissa du temps. Il était venu… il parlerait lorsque le moment serait venu .

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Ce n’était qu’une histoire de temps. Ils se fatigueraient et… il en profiterait. Il imaginait les tuer de ses poings, les écraser, toucher leurs points sensibles, les voir disparaître, s’évaporer… Lui-même était vide… du néant dans une coquille indestructible. Il n’avait aucun souvenir de son enfance. Seule la haine et la colère avait prospéré. Il ne se souvenait pas non plus comment il était tombé en leurs mains. Peu lui importait ! Cela s’était fait. Ses souvenirs étaient fragmentaires. Il n’avait pas d’idéal, pas d’ami, son monde se limitait à son cachot, à la pièce où ils le torturaient et les couloirs qui les liaient. Mais il avait soif de découvertes.

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Assis à coté d’elle, il faisait tournoyer son verre, regardant le tourbillon que le fond d’eau avait créé… et d’une voix monotone, il commença son récit. Athéna écoutait. Elle ne l’interrompit à aucun moment. Elle devait assimiler les informations. A la fin du monologue, elle se leva, s’approcha de son fils, enleva le masque, découvrant les chaires putrides… et l’embrassa sur le front. L’amour d’une mère était inconditionnelle. Elle ne connaissait pas l’origine du mal qui touchait son fils. Etait-ce une malédiction ? Prenait-il origine dans l’ascendance de son fils ? Elle l’ignorait. Elle lui prit ses mains dans les siennes, elle le réconforta, lui expliqua l’origine de son père. Il était de naissance noble en Ustalav, cette contrée connue pour leur intérêt pour les mondes interdits et la mort-vivance. Son père avait fuit sa famille et s’était engagé dans les croisades. Ils s’étaient alors rencontrés. Il lui avait longtemps caché ses origines par crainte de sa réaction… avant de tout lui raconter peu de temps avant sa mort : dit=pink« Son frère, ton oncle, est devenu Comte. Ton père lui a écrit une lettre et désirait reprendre contact… Mais sa mort l’empêcha de le faire lui-même. Lors de son dernier soupir, il me demandait de te transmettre cette missive afin que tu reprennes contact avec ta famille paternelle. Jusqu’à aujourd’hui. je n’en ai jamais eu l’occasion… Peut-être est-ce ta destinée ? Pouvoir honorer la volonté de ton père. Peut-être savait-il ce que tu serais ? Peut-être que ton oncle, le Comte Alpon Caromarc peut t’aider ? Je l’ignore mon fils, mais je sais que ton Oncle désire te connaître. Il y a de ça plusieurs lunes, j’ai pris la décision de lui écrire, lui annoncer la mort de ton père, lui raconter sa vie, notre rencontre et ton existence…

Il m’a répondu. Il me remerciait de ma lettre, m’apprenait les décès récents de ta tante et de ton cousin, de sa tristesse et de l’espoir que ma lettre lui avait donnée. Il a hâte de te rencontrer. Tu es dorénavant le dernier Caromarc. Cela compte ! Il n’est, heureusement, pas adorateur d’Urgathoa, mais je ne doute pas qu’il ait des connaissances sur ce monde. Il pourra certainement t’aider. Va, mon fils, vis et deviens !/dit finit-elle le serrant contre elle.

Kaomhin ne comprenait toujours pas, mais il se sentait mieux comme il ne s’était jamais senti depuis ce jour, où il était devenu deux. Dévoiler son lourd secret avait été une épreuve, mais cela l’avait libérer d’un poids insupportable… et il avait maintenant un but. Il se leva. Son visage couvert de larmes, de gratitude cette fois-ci, il embrassa tendrement, chaleureusement sa mère, avant d’aller prendre ses affaires puis la route vers le sud.

Après plusieurs jours de voyage, alors qu’il arrivait au sommet d’une dernière colline, il vit le Schloss Caromarc : sa destination ! Il faisait sombre, il voyait les différents bâtiments sous lui, construit sur le les flancs d’une gorge profonde. Le chemin passait dans une petite forêt laissée à l’abandon. Il ressortait plus bas pour atteindre le bord de la falaise où serpentait le chemin dans son flanc avant d’atteindre le premier bâtiment du Schloss : un corps de garde, suivit d’un pont de pierre qui surplombait une cascade au bruit sourd. Il distinguait à peine le Manoir à entouré d’un brouillard dense d’écumes de la chute. Il devinait plus qu’il ne voyait les différents bâtiments hétéroclites. Ils étaient reliés par des ponts de cordes. Il prit une grande respiration et toucha son épée par reflexe et reprit son chemin. Il ferait nuit lorsqu’il arriverait devant l’entrée. La lune voilée par la brume éclairait faiblement le portail, lorsqu’il passa en-dessous. Un chemin pavé continuait jusqu’à une porte imposante sculptée de visages qui le regardaient. Il frappa la porte de son poing. Un bruit sourd, profond résonnait dans le noir. Après un long moment, un homme grand, les habits à la coupe sobre mais bien coupés, au facies émacié ouvrit la porte dans un grincement lugubre. Le temps s’interrompit un moment, on aurait dit une statue et son image vieillie et livide dans un miroir. Les deux hommes se regardaient en silence. Puis le plus jeune… tendit la main, tenant une lettre en son sein : « je m’appelle Kaomhin…. Je suis le fils de Glofen Caromarc, votre frère. Je suis votre neveu . Je suis Kaomhin Caromarc Imatar. »

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Denis… Denis Ocultar ! Regardant un filet de lumière passé sous le seuil de la porte, il répétait son nom inlassablement. Ils étaient 3. Il l’avait deviné à leurs échanges alors qu’il était torturé. Il y avait le Comte. Il l’avait vu, maigre, pâle. Il n’était pas médecin, mais il allait mourir ! Ce n’était qu’une question de jours, semaines tout au plus. Le deuxième, un certain Kaomhin, semblait spécial. Etait-ce son frère ? Il n’en avait aucun souvenir. Mais occasionnellement ils se trompaient et l’appelaient par ce nom. Il n’en avait cure. Il ne s’occupait que de lui-même. Seule sa survie comptait ! Que les autres meurent ne l’intéressait guère… L’altruisme était un luxe que sa naissance douloureuse ne permettait pas. Dehors, il faisait nuit. Il entendait la pluie tomber et le bruit sourd de la cascade. Il s’endormit.

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Les jours se suivaient. La vie au Schloss passait tranquillement. Le lieu était sinistre, mais Kaomhin s’y sentait étonnamment bien. Bien qu’il désapprouvait les expériences de son oncle, il se refusait de le juger. Son oncle avait ses raisons et il était lui-même accepté dans son étrangeté. Mais malheureusement le Comte n’avait pas d’explication au phénomène qui le préoccupait. Mais il s’intéressait à la question… et un jour, tout excité, il vint annoncer à Kaomhin qu’il avait trouvé les personnes adéquates… Ils ne le savaient pas encore mais ce fut le jour de leur perte. Le jour où ils LES connurent… les adorateur d’Urgathoa… et la Voix des murmures…

Kaomhin Imatar

Caractère :
  • altruiste, généreux, attentionné, humble
  • complexé, manque de confiance en soi, discret (anciennement meneur d’homme, sûr)
  • angoissé, parano (d’où le Drawback : hanté)

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Denis Ocultar

  • en colère
  • jusqu’en-boutiste, acharné, indestructible
  • rancunier, antipathique, égoïste
  • curieux

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